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Default Truyện dài "Mai Ly" - Việt Dương Nhân

Roman
Mai Ly I
de
Việt Dương Nhân
Traduit en Français par Marie-Colmobe Bạch Thị Ngọc Sương



chapitre 1


"Perdu"


Hélas, sans père, ni mère,
L’enfant aux larmes solitaires...
Quel chemin ? Où aller ? Partout,
Ne voit que douleurs et blessures...
Pourquoi faut-il tant de souffrances
Et maintenant, qui me viendra en aide ?
Lève les yeux au ciel, s’écriant :
Comprends-tu, je suis perdue !



*
Le couchant étend ses derniers rayons dorés sur toute la plaine, les plants de riz exhalent leur parfum tandis que les oiseaux par bandes retournent vers leur nid. Dans le hameau, la fumée s’élève des toits de chaume, le calme revient avec la douceur du soir dans chaque foyer. Par moment, un oiseau solitaire traverse le ciel et s’empresse de rejoindre les autres déjà rentrés. Seule, la petite Mai Ly est encore assise au bord de la mare qui sert de vivier à la famille. Elle reste là immobile, silencieuse... de temps à autre elle s’anime brusquement en marmonnant on ne sait quoi? À chaque fois elle agite frénétiquement les mains et se met à rire de bon cœur, ha, ha ! Mais oui ! elle est en train de jouer à berner les poissons ! et c’est fort simple, il lui suffit de jeter une petite boule de terre pour que ces idiots de poisson croient qu‘elle leur donne à manger et se précipitent dessus ! Mai Ly s’amuse de leur méprise, le jeu lui fait oublier l’heure de rentrer... Elle se lève, court à toutes jambes... Catastrophe ! Elle va certainement attraper une bonne raclée de la part de son frère aîné Hà...
La petite Mai Ly avait perdu son père au moment de ses cinq ans. Depuis sa mère s’était remariée, Mai Ly n’avait pas voulu partir avec elle, elle avait préféré rester avec ses deux frères et sa sœur.

Quelques années plus tard, son deuxième frère H»u à son tour quitta le village, il alla à Saigon chercher du travail. Quant à sa sœur, elle s’était mariée et partie au loin vivre dans la famille de son mari. La petite resta chez son frère aîné. Hélas, l’infortune d’une petite belle-sœur à la charge de la famille ! Tous les jours, après l’école, Mai Ly devait s’occuper de ses jeunes nièces et pour un rien se faisait sévèrement corriger...

Un jour que le couple était invité au dehors, comme d’habitude Mai Ly était restée à la maison s’occuper de ses deux nièces en bas âge, petite Châu et bébé Thu. Frère Hà et sa femme arrivèrent en fin de journée. La femme de Hà venait à peine de prendre petite Châu dans ses bras, qu‘elle se mit à grimacer, roulant des yeux..., hurlant avec frénésie :
- Mai Ly ! Qu’est-ce que tu as fait à petite Châu ?... Sale vermine, quelle calamité, tu me pourris la vie... Vas-t’en ! Hors de ma vue ! Sors de cette maison immédiatement ! On va voir ce que va dire ton frère... Hà ! Viens ! Viens vite ! Cette garce de Mai Ly a fait tomber petite Châu ! Regarde cette bosse ! Si tu ne la chasses pas tout de suite d’ici, c’est moi qui m’en vais !
Hà était encore dans le jardin à admirer ses fleurs ; aux cris hystériques de son épouse, il accourt à toute vitesse et sans demander d’explications ordonne à sa sœur de s’allonger :
- C’est toi qui a fait tomber la petite ?
Hà fouette fortement sa soeur avec le rotin, tout en l’abreuvant des injures lancées un moment plus tôt par sa femme :
- Tu n’es qu‘une bonne-à-rien, une charge et une calamité pour nous ! Hors de ma vue... Si je te retrouve, je te fais la peau !
Après le repas, tout le monde alla se coucher. Mai Ly sur la paillasse placée sous un auvent dans l’arrière-cour de la maison, ressentait amèrement son humiliation, elle pleurait en silence sans pouvoir trouver le sommeil et se disait :‘’J’ai beau être frappée, battue tous les jours... ce n’est rien ! mais aujourd’hui ils m’ont injuriée et chassée de la maison. Il faut que je m’en aille ! Mais où ?... Même si je dois en mourir, je dois partir !... ’’ Ses larmes n’arrêtaient pas de couler, Mai Ly s’essuya du revers de la manche en pensant à sa mère... Qui peut savoir ce qui se passe dans ce cœur brisé, la douleur d’un enfant de douze ans, le désarroi d’une petite orpheline ? Elle appellait sans cesse : ‘’Maman, maman ! Où es-tu ? Papa, papa ! Où es-tu parti ?’’. Elle se souvint soudain que la tombe de son père n’était pas très loin de la maison, elle se disait en elle-même :‘’Et si j’allais dormir là-bas avec papa ? Oui, c’est cela, je n’ai qu‘à aller dormir là-bas avec papa !’’. Elle se lèva alors tout doucement. Toute la maisonnée était plongée dans un profond sommeil. Elle prit tant bien que mal un morceau de tissu pour envelopper ses livres et cahiers de classe, quelques vieux habits... Pour ne pas faire de bruit, elle s’était allongée par terre, se coulait contre le sol et rampait pas à pas vers la cuisine, la petite lucarne ouverte au ras du sol. Celle par où Mi-Nô, le chien entrait et sortait de la maison ! En la voyant, celui-ci vint vers elle... elle le caressa et lui recommanda d’aller se recoucher sans faire de bruit ; le chien compréhensif lui donna quelques coups de langue pour lui dire adieu et retourna se coucher. Le corps gracile de l’enfant se glissa sans bruit par la lucarne du chien. Enfin elle y est, elle est dehors, elle se sent légère, libre, mais de quoi va-t-il être fait le lendemain... Y pense-t-elle, la petite Mai Ly ?
Au dehors, il faisait nuit noire, un ciel sans une étoile. Mais Mai Ly avait confiance : ‘’Mon père m’attend là-bas dans son cimetière’’. Galvanisée par l’idée de retrouver son père, la petite se précipita et arriva sans tarder chez son père... Assise au bord de la tombe, elle se laissait enfin aller à des pleurs et lui racontait ses humiliations, sa peine : ‘’Papa, c’est moi ! Hier soir, Grand frère m’a fouettée et chassée de la maison ! Personne ne m’aime, je n’ai que toi, tu es le seul qui m’aime. Maman elle, elle est partie avec son mari... je le hais, je voudrais qu’il meure ! Viens me chercher papa, papa !’’. Dans sa petite tête remonta la légende de "Phạm-Công-Cúc-Hoa". L’orpheline qui retrouva son père... elle espérait de tout son être que son père allait apparaître à ses yeux et l’emmener avec lui loin de cette terre. La nuit était profonde... fatiguée, brisée par les émotions, Mai Ly essaya d’aplanir le sol rocailleux, mit son sac sous la tête et s’endormit jusqu‘au matin.
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Chapitre 2


À son réveil, le soleil était déjà haut dans le ciel, elle se demandait si elle n’était pas en train de rêver... Tout lui revint rapidement en mémoire : ‘’ Que faire ? Où aller ? Qui voudra bien de moi ? Mon dieu, l’école ! Il va falloir aller à l’école ?...’’. Les questions se bousculaient dans sa petite tête; elle se leva rapidement et commença à se rendre au bourg pour rejoindre son école et sa classe. maître Quân dès qu‘il l’aperçut, fut stupéfait, il la reprit doucement :
- Mai Ly ! Regarde comment tu es habillée et coiffée ? Une petite souillonne ! Si tu ne fais pas plus attention, je te renverrai de la classe. C’est compris ?
Mai Ly regarda tristement son maître d’école avec le secret espoir d’une aide, mais ne dit rien, ravala ses larmes... Elle se taisait de honte devant tous ses camarades de classe. Toute la journée, elle ne suivit pas un mot du cours, les questions martelaient dans sa tête :''Que vais-je devenir ? Où dormir ? Pour me vêtir, faire ma toilette, laver mes vêtements. Que faire... que faire ? Mon Dieu !''.


Boum, boum... résonna le gong...
Petite fille, voici la fin du cours
Ou le départ de la vie, d’une course...
La barrière se ferme ou s’ouvre
Devant un monde si vaste...
Famille, parents, amis et proches,
Tous, tous sont là, si nombreux !
Et pourtant, pourtant c’est le vide...
Personne ! Ont-ils tous disparu ?
Le soleil s’en est allé derrière l’horizon...
Tandis que la nuit descend impitoyable
Sur une enfant solitaire, sans père, ni mère
Seule... égarée, perdue dans la grande vie.


À la sortie de l’école, la barrière franchie, Mai Ly réfléchit sans arriver à trouver une issue, en outre elle avait faim et soif... Que faire ? Elle alla vers la fontaine publique, arrondit ses deux petites mains, prit quelques gorgées d’eau ; son regard tomba par hasard sur le tas de détritus, laissé par le nettoyage du marché. Elle reprit espoir... les marchands ont peut-être laissé quelque chose qui pourrait l’aider à apaiser sa faim. Elle fouilla dans le tas et découvrit avec bonheur deux bananes noires car le mûrissement était déjà bien avancé... une petite colonie de fourmis rouges s’en était déjà emparé et commencé leur festin; vite elle s’en débarrassa et mangea avidement les restes : ‘’Ainsi va la vie ! forts contre faibles... c’est la loi du plus fort ! Si les fourmis étaient de ma taille, ils auraient eu le dessus sans aucun doute, depuis longtemps ! En plus ils ont le nombre pour eux...’’. Mai Ly se sentait coupable de leur avoir volé leur pitance... tant pis, trop tard ! le mal était fait !
Le jour tombait, il commençait à faire nuit, Mai Ly regarda autour d’elle... le marché était maintenant désert, tout le monde était rentré chez soi pour se retrouver en famille. Mai Ly aperçut sur sa droite les étals de boucher, la voilà la solution. Elle grimpa prestement sur l’un d’eux et s’y allongea, la puanteur de l’odeur carnée lui montait aux narines mais elle y demeurait stoïque sans se douter que les moustiques alléchées par l’odeur de chair fraîche allaient s’y attaquer goulûment ! Le corps enfantin était recroquevillé comme une petite crevette desséchée; ses yeux se fermaient à moitié tandis que les petites mains essayaient en vain d’éloigner ces vampires... La fatigue finissant par emporter, elle plongea dans le sommeil, tant pis pour ces piqûres de moustiques !...
L’aube commença à poindre, la brise était légère avec parfois une bouffée de fraîcheur; le marché s’activait, les marchandes déposaient leurs palanches et invitaient les travailleurs au déjeuner matinal, il y avait là toutes les petites douceurs du matin : brioches à la vapeur, riz à la vapeur, salé-sucré, tout y était... Les rires et les conversations fusaient de tous les côtés comme le bourdonnement de tout un essaim d’abeilles. La petite Mai Ly restait profondément endormie malgré le brouhaha du marché...
Un homme d’une cinquantaine d’années, rondouillard, la tête enserrée dans un turban, vêtu d’un caleçon, une chemise mal boutonnée, en traînant des pieds s’approcha de l’étal :
- Hé ! toi le gosse, réveille-toi ! Qui es-tu ? D’où tu viens ? Tu veux que je te découpe en morceaux comme ma viande de boucherie ?
C’était oncle Thái, le propriétaire de l’étal. Mai Ly réveillée en sursaut par les cris du bonhomme se frotta les yeux, elle avait peur, ne sachant que faire :
- Oui, oui... oncle Thái, je m’en vais, tout de suite !
- C’est cela, dépêche-toi, fiche le camp d’ici, et en vitesse !
- S’il te plaît, je m’en vais, pitié, ne me découpe pas en morceaux !...
Oncle Thái examina plus attentivement Mai Ly, une seconde après, il s’exclamait :
- Mais oui, je te connais !
- Je vous en prie, ne criez pas ! Vous me faites peur !
- Tu es bien la petite sœur de Hà, la fille de maître Hùng, et la petite-fille du Notable Hạnh, c’est bien cela ?
- Oui, c’est bien moi.
- Hé bien ! Pourquoi as-tu dormi ici ?
Mai Ly entre deux pleurs lui raconta :
- C’est.., c’est parce que mon frère m’a chassée de la maison et je suis partie depuis deux nuits déjà !
- Deux nuits ! Où étais-tu la nuit dernière ?
- Je suis allée dormir avec papa !
- Quoi ? Tu es allée dormir avec ton père ; mais, petite malheureuse, ton père est mort depuis longtemps !
Oncle Thái compta et recompta sur ses doigts :
- Ça fait maintenant combien de temps déjà... Ha, ça fait au moins six ou sept ans qu‘il est mort et tu dis que tu es allée dormir avec ton père. Hé, petite malheureuse ! Tu as perdu la raison ? Il faut que je prévienne ta famille.
- Non, oncle Thái ! Je veux dire que je suis allée dormir près de la tombe, aux côtés de mon père !
- Et, tu n’as pas peur des revenants ?
- Oh non ! Mon papa est là, il me protège.
Oncle Thái attendri, poussa un gros soupir, pendant qu‘il disposait les morceaux de viande sur son étal :
- Dis-moi, pourquoi ne vas-tu pas chez tes autres oncles et tantes ? Je peux les prévenir, ils viendront te chercher !
Il marmonnait :‘’Une famille bien en vue ! qui ne manque de rien, comment est-ce possible ?’’... Et il continue :
- Tu ne dois pas vagabonder comme cela, tu dois rentrer chez toi, c’est compris ?
- Oh non, oncle Thái !
- Pourquoi non ?
- Parce que chez un oncle, il y a belle-tata et chez une tante il y a beau-tonton. La vie n’est pas agréable ! Ils ne m’aiment pas...
- Oh là là, tu es trop compliquée ! Comment vas-tu faire alors ?
- Je ne sais pas trop... je dois m’en aller, c’est tout ce que je sais !
- Où veux-tu aller ? Fais attention, sinon tu risques de te faire piquer par la Maison-du-Chiffre, c’est la catastrophe... tu ne pourras plus t’en sortir !
- Qu‘est-ce que c’est la ‘’Maison-du-Chiffre ?’’
Oncle Thái de sa voix tonitruante poussa une gueulante :
- ça suffit, maintenant, rentre chez toi et pas d’histoires !
Mai Ly s'apprêtait à partir, mais son estomac criait famine, elle se hasarda à demander :
- Oncle Thái, auriez-vous quelque chose à manger, j’ai très faim !
- Tiens, voilà une banane !
Oncle Thái sortit de sa besace une banane qu‘il jeta à terre. Mai Ly humiliée par ce geste de mépris ne ramassa pas le fruit..., s’enfuya à toutes jambes...
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Chapitre 3



Le marché du matin battait maintenant son plein, les chapeaux coniques se mouvaient, ondulaient comme un grand tapis de champignons géants. Mai Ly rôdait ça et là, en évitant toute rencontre inopportune, un parent, un ami par exemple... Elle entra dans une petite épicerie avec l’espoir de trouver un petit travail quelconque qui lui permettrait de survivre. Mais dans cette petite bourgade de Bình-Chánh tout le monde connaissait la famille de la petite, personne n’osa l’embaucher et surtout pas l’héberger ! L’horloge tournait inlassablement, il fut bientôt midi, le soleil est au zénith... Les clients retardataires et les derniers marchands ambulants ramassèrent leurs affaires, tous s’empressaient de rentrer au foyer. Mai Ly circulait entre les tas de détritus avec l’espoir de trouver un reste quelconque de nourriture, qui lui permettrait de calmer son estomac. Épuisée par la faim et la soif, la petite se tassa au pied d’un pilier et s’endormit toute fiévreuse. La faim et le froid avaient eu raison de son petit organisme. Le petit corps se recroquevillait sur lui-même comme une petite crevette...

Une jeune femme, âgée d’une quarantaine d’années, de belle allure, la peau claire, les traits fins, les cheveux rassemblés en chignon s’avançait légèrement dans sa tunique de soie noire, d’un bel imprimé de fleurs d’hibiscus. Elle était belle sous son léger maquillage. Arrivée près de l’enfant, elle se baissa, lui toucha le front puis lui caressant les cheveux, elle appela doucement :
- Mai Ly ! Réveille-toi mon enfant, c’est maman, je suis là maintenant !
L’enfant ouvrait ses yeux, reconnaissant sa mère se jeta dans ses bras en pleurant ; la jeune femme aussi avait les larmes aux yeux :
- Viens Mai Ly, reviens avec moi à Bình-ñiŠn ... Ne reste pas comme cela à errer dans les rues, tu veux bien ... !
Mai Ly leva la tête, lança :
- Est-ce qu’il est mort ?
- Mais qui est mort ?
- Ton mari. Est-ce qu’il est mort ? Je le déteste... !
- Arrête, ne dis pas de sottises ! Viens avec moi !
Madame Hùng sentant venir la tempête changea de tactique, elle essaya autrement :
- Tiens, tu viens avec moi, nous restons ensemble quelques jours, puis nous irons voir ta tante au village de Bà-Hom. Ta tante et ton oncle s’occuperont de toi, ils t’enverront à l’école, ils n’ont pas d’enfant , ce sont des gens aisés; tu verras, ils vont bien s’occuper de toi !
Arrivées à la maison, madame Hùng fit prendre un bain à Mai Ly, lui donna de vêtements de rechange, puis elles allèrent toutes les deux au village de Bà-Hom. En route, elle recommanda à Mai Ly :
- Sois très polie et obéissante envers ta tante et ton oncle, n’est-ce pas !
- Oui, maman, je te le promets. Et puis, c’est bien vrai qu’ils vont m’envoyer à l’école ?
- Oui, c’est cela.
*Le crépuscule commençait à tomber, le soleil descendait rapidement dans l’horizon lointain. Le car était maintenant arrivé à la station. La mère et la fille se dirigèrent vers une villa qui venait d’être construite, il y a peu de temps. Madame Hùng ouvrit la grille du portail et elles entrèrent dans un grand jardin bien entretenu, parsemé de fleurs. Il y avait aussi quelques arbres fruitiers comme un manguier, un goyavier, un jacquier, une rangée de canne à sucre... arbres et fleurs, toute la végétation bien alignée était luxuriante, florissante, étincelante aux mille couleurs... Derrière la villa il y avait encore une haie d’arbustes entourant un bassin servant de vivier à poissons et dans lequel deux grands caramboliers plongeaient leurs racines. Non loin de là, les oeillets d’inde étalaient leurs pétales d’or au pied d’une rangée d’aréquiers.
La petite Mai Ly apeurée, intimidée s’accrochait désespérément à la main de sa mère... tandis que madame Hùng commençait à appeler :
- Y-a-t-il quelqu’un ! Chị Ba, Anh Ba ! Êtes-vous là ? Nous sommes arrivées avec petite Mai Ly !
Monsieur et madame Hòa arrivèrent sur le perron et les accueillirent chaleureusement. Entrés dans le maison, ils invitèrent les nouvelles arrivantes à s’asseoir sur le grand divan de bois, madame Hòa demanda à madame Hùng :
- Quel âge a-t-elle cette année, Mai Ly ?
- Elle a maintenant douze ans !
Madame Hòa se retourna vers Mai Ly et lui dit gentiment :
- En quelle classe es-tu cette année ?
- Je suis en 7ème (CM2) cette année
- Bien, si tu veux rester avec nous, à la rentrée prochaine je t’inscrirai au cours, tu reprendras tes études.
à ces paroles, la petite Mai Ly heureuse reprenait espoir... Après le repas du soir, madame Hùng resta avec sa fille ce soir-là. Depuis longtemps Mai Ly n’avait plus de contact avec sa mère et n’avait pas passé avec elle une seule soirée. Elle était toute à sa joie ! Le lendemain, après le réveil et le petit déjeuner, Madame Hùng prit rapidement congé pour repartir sans tarder après le déjeuner.
La petite Mai Ly restée seule sortit faire quelques pas dans le jardin, elle avait toujours aimé la nature, les arbres et les fleurs. Elle rencontra alors une petite fille qui semblait avoir le même âge qu’elle-même. Elle était surprise, car la petite fille entrait sans se faire prier dans la maison ; l’air véhément, elle s’adressa à Mai Ly :
- Eh, toi là-bas, qui es- tu ?
La petite Mai Ly sans se laisser démonter répondit tranquillement :
- Je suis la nièce de madame Hòa et toi, qui es-tu pour faire irruption comme cela ?
La fillette sans répondre pénétra vivement à l’intérieur de la maison comme en terrain conquis et se mit à crier à plaine voix :
- Monsieur ! Madame ! Qui est-ce ? Qui est là dans notre jardin ?
Monsieur et Madame Hòa entendirent la voix coléreuse de la fillette. En fait, c’était la fille adoptive de monsieur et madame Hòa bien qu’elle les appelait toujours Monsieur et Madame. De la chambre, madame Hòa demanda :
- Qu’est-ce qu’il y a, qu’est qui arrive ? Tu viens d’arriver ?
- Je te demande, qui est-ce qui est dans le jardin ?
- Ah, tu veux parler de Mai Ly, elle est plus âgée que toi d’un an, tu dois la considérer comme une grande sœur, c’est ma propre nièce, la fille de ma sœur.
- Je le sais déjà
- Comment peux-tu le savoir ?
- Eh bien, elle vient de me le dire à l’instant
- Mai Ly va rester avec nous, tu auras comme cela une compagne de jeux.
Petite Thúy manifesta sa mauvaise humeur... tapant du pied, martelant ses pas, elle s’avança furieuse dans la chambre. La petite Mai Ly eut le pressentiment que la situation ne sera pas si facile que cela, la petite Thúy visiblement ne la portait pas dans son cœur, elle n’était que haine pour la nouvelle intruse... Mai Ly en elle-même sentit son cœur s’alourdir, elle sentait sourdre en elle une sombre inquiétude : "Bof ! De toute manière... Où pourrais-je aller maintenant, tant pis, on verra bien ! Depuis que ma mère s’est remariée, cela fait six ans déjà que je dois prendre mon baluchon et me rendre chez les uns et les autres de la famille... oncle, tante,.. partout, je suis toujours maltraitée. Est-ce possible, ma vie va-t-elle continuer à être dénuée de chance, infortunée comme cela ?". Mai Ly se sentait délaissée par la vie, elle avait les larmes aux yeux, le cœur brisé.
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chapitre 4



Les jours dès lors se passaient dans une atmosphère irrespirable, chargée par la jalousie de la petite Thúy. Mai Ly s’enfermait dans cette situation d’enfant solitaire, sans parents, sans protection, vivant aux dépens des uns et des autres, échangeant ses maigres forces pour un peu de riz. Les promesses du début s’étaient complètement envolées; depuis plus d’un mois, tous les jours, elle devait se lever de bonne heure pour se rendre au puits du village prendre l’eau, ensuite s’occuper de l’arrosage du jardin ; le soir venu, elle retournait au puits pour ramener l’eau pour la cuisine, le lavage, le nettoyage... L’eau du puits de la maison est trop calcaire et non potable, c’est pourquoi elle devait aller la chercher au puits du village. Le midi, pendant que toute la maisonnée faisait la sieste et se reposait Mai Ly devait nettoyer le carrelage du sol, ensuite le lustrer avec l’huile de noix de coco. Levée à l’aube, à cinq heures du matin jusque tard le soir, elle travaillait sans relâche. Quant à Thúy, elle avait la chance d’aller à l’école et se faisait servir comme la fille de la maison. Au moment de son arrivée dans la famille, il y avait deux personnes pour assurer le service de la maison ; un mois après, ils ont été congédiés et le service n’était plus assuré que par Mai Ly elle-même. Elle faisait pitié à voir, les gens du voisinage de temps à autre lui donnaient un coup de main pour porter l’eau du puits jusqu’à la porte de la villa. A douze ans seulement, Mai Ly devait travailler bien plus qu’un adulte; ses mains et ses pieds étaient complètement abîmés, rongés jusqu’aux ongles par la dureté de l’eau calcaire, à cause des carrelages qu’elle lavait et frottait tous les jours.

Le jour de la rentrée était arrivé mais l’oncle et la tante ne soufflaient mot de l’ancienne promesse. Mai Ly perdit tout espoir, c’est déjà trop tard... il ne lui restait plus qu’à courber l’échine et faire le service de tous les jours. Parce qu’elle ne pouvait errer sans domicile... pour subsister, elle devait échanger ses maigres forces contre un travail bien trop lourd pour son âge. Parfois, devant cette injustice, elle se réfugeait derrière la maison, dans un petit pour pleurer sur sort.

Seigneur, Vous qui êtes là-haut
Venez, regardez-moi ; dites-moi...
Pourquoi ? Que m’arrive-t-il ?
Dans ma propre famille !
Piétinée et traitée sans pitié...

Au bout de neuf mois de travail sans gages, madame Hòa avait acheté pour Mai Ly une petite paire de boucles d’oreilles et quelques vêtements. A la Fête du Nouvel An , Mai Ly demanda à sa tante la permission de rentrer chez elle au village de Bình-Chánh pour passer la Nouvelle Année. Madame Hòa accéda à la demanda mais elle posa une condition :
- Tu devras laisser la paire de boucles d’oreilles ici ; en cours de chemin, tu pourrais te les faire voler...
En réalité, elle voulait conserver une caution pour faire revenir la fillette.
Mai Ly toucha ses boucles d’oreille comme pour les retenir :
- Ce n’est pas si dangereux, il n’y aura pas de problème, j’en suis sure !
Madame Hòa s’énerva :
- Tu as toujours quelque chose à dire, ce n’est pas possible !
Mai Ly malgré sa jeunesse réfléchit tout de même : Cette paire de boucles d’oreilles... c’est pour mon travail durant ces neuf mois. Non, je dois les garder, cela pourrait me servir !
Madame Hòa regarda fixement Mai Ly qui commença à se rebeller, elle l’apostropha durement :
- Alors, tu me les donnes ces boucles d’oreilles ?
Mai Ly fermement campa sur ses positions :
- Non. Tu me les as donnés ces boucles d’oreille, elles sont à moi, je les garde !
Furieuse, madame Hòa la gifla violemment :
- Espèce d’insolente, vaurienne, tu n’es qu’une petite vermine sans père ni mère, pour t’éduquer et tu oses me tenir tête ! espèce de va-nu pieds, vagabonde des rues !...
Mai Ly immédiatement s’était buté, sa fierté touchée, elle regardait fixement sa tante dans les yeux.. lentement elle défit ses boucles d’oreille, les jeta sur la table et s’en alla sans prononcer une parole.
Elle alla prendre ses affaires, pensant que l’affaire allait en rester là... elle ne comptait pas sur la vilenie de la nature humaine, la tante mortifiée lui emboîta le pas et pour finir alla jusqu‘à lui reprendre les quelques effets personnels qu’elle lui avait acheté dans un jour de bonté !
Mai Ly jeta à terre son maigre paquetage et s’en alla avec le seul habit qu’elle portait sur elle et tout juste vingt piastres qu’elle avait dans la poche. Pourquoi sa vie est-elle donc si malchanceuse, même dans sa propre parenté, elle est mal considérée... Serait-elle née sous une mauvaise étoile ?
Partie de chez sa tante, elle se rendit à la station d’autocars et prit le car pour se rendre à son village natal Bình-Chánh. Assise dans le car, elle avait le cœur lourd: ‘’ Et maintenant ? Chez qui ?... me rendre chez qui... Si je retourne chez mon frère, il va me donner une raclée à me tuer, tant pis, il faudra bien y aller puis on verra bien ! ...’’. Trop tôt, à son gré... le car arriva à destination, Mai Ly descendit de voiture, elle ne savait toujours pas où aller, où se rendre en premier... Vers qui se tourner ...‘’Tant pis, allons faire un tour, chez l’un puis chez l’autre, d’abord chez l’oncle... puis la tante, après on verra !’’...
Mai Ly dans son habit neuf, bien coiffée, propre et nette avançait sans conviction. Finalement, elle se décida pour la tante Bích, la demi-sœur de son père. Elle y resta une petite demi-heure puis s’en alla pour se rendre chez l’oncle Huỳnh. Elle passa successivement chez les uns et les autres, trois ou quatre familles de la parenté, puis elle revint chez l’oncle benjamin pour jouer avec ses enfants... Partout elle ne rencontrait qu’un regard froid, gêné, tous avaient peur qu’elle ne sollicitât leur aide et un hébergement... Elle se sentait seule, triste et abandonnée; comment se fait-il que dans une famille aussi grande et aussi nombreuse, il n’existe pas un seul membre qui ait ne serait-ce qu’un tout petit sentiment, un reste de compassion : - Décidément, il est hors de question que je retourne chez ma tante. L’esprit préoccupé et chargé de ces pensées moroses, elle regardait jouer les enfants en retenant ses larmes. Soudain, les enfants joyeusement saluèrent l’arrivée de quelqu’un de la famille : - Ah !.. Ha ! C’est tante Trầm qui arrive... c’est formidable, elle nous apporte les étrennes ! Tante Trầm est aussi une demi-sœur de son père (son grand-père avait au total cinq femmes, donc cinq familles, son père avait pas mal de demi-frères et demi-sœurs). Tante Trầm la Troisième est appréciée par tous pour sa générosité; elle vient d’arriver, tous les enfants se précipitent joyeusement vers elle tandis que Mai Ly reste tapie dans son coin sans bouger. Tante Trầm la voit, elle vient vers la fillette et lui prend les mains, elle sursaute :
- Dis-moi Mai Ly, pourquoi es-tu si triste et qu’est-il arrivé à tes mains, ils sont en piteux état ?
Mai Ly à la question posée ne voulait pas répondre, elle enfonça ses mains dans les poches, les larmes aux yeux, elle secoua la tête :
- Il n’y a rien à dire !
La tante continuait :
- Dis-moi, j’ai entendu dire que tu vis chez ta tante et son mari. Il paraît que c’est une famille aisée, c’est bien cela ?
Mai Ly asquiesce de la tête, puis soudain se met à sangloter, tante TrÀm émue ne peut s’empêcher de pleurer elle aussi. Elle regarde ce corps amaigri et ces petites mains, ces petits pieds fragiles boursouflés, rongés par le calcaire de l’eau. Elle caresse tout doucement la tête de l’enfant et lui proposa :
- Viens avec moi à Saigon, je connais une famille qui a besoin de quelqu’un pour s’occuper de deux jeunes enfants.
- Ma tante, est-ce que ces gens-là vont me donner de l’argent pour vivre ?
- Bien sûr. Ils vont te donner de l’argent pour le mois, avec d’autres petits à-côtés et aussi de beaux habits pour te vêtir.
- Et que dois-je faire ?
- Eh bien, tu dois conduire les enfants à l’école, aller les chercher à la sortie, leur tenir compagnie, jouer avec eux.
La petite Mai Ly baisse la tête, elle se met à réfléchir et à se demander : ‘’Qu’est-ce ça va être ?... Est-ce qu‘ils vont être gentils avec moi ou plutôt cruels et méchants ?...’’. Tante Trầm devine ses pensées :
- N’aies pas peur Mai Ly ! Tu veux bien venir avec moi ? à quoi penses-tu ? Ne crains rien, je les connais bien ; c’est une famille très gentille et ce sont des gens honnêtes. Tu peux compter dessus.
Mai Ly lève la tête et regarde sa tante avec une leur d’espoir :
- Très bien, je vais aller avec toi, sinon où pourrais-je aller ? Si je retourne chez mon frère, à cause de sa femme, il va encore me battre... Et si cela m’arrive, cette fois-ci, je suis sûre que je me suiciderai !...
Tante Trầm regarde avec compassion cette jeune nièce qui n’a pas beaucoup de chance dans la vie... : ‘’Son destin est vraiment cruel... Plus tard, sera-t-elle aussi démunie ? Dépassant à peine la première décennie de la vie et déjà pensant à se suicider, quelle tristesse !’’. Prenant la main de la fillette, elle lui recommande :
- Prépares tes affaires ; vers la fin de l’après-midi, je passe te prendre pour y aller, ça te va ?
- Oui... mais tu sais, je n’ai rien d’autre que ce que je porte en ce moment !
- Comment ça ? Tu n’as rien d’autre ?
- J’ai encore quelques vêtements, mais ma tante à Bà-Hom m’a interdit de les prendre.
- Bon, eh bien, je demanderai quelques affaires à Yến, elle est de ton âge, exactement ta taille, je pense que cela ira.
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Chapitre 5




Vers la fin de l’après-midi, tante Trầm revint la chercher et elles repartirent toutes les deux sur Saigon. Bien qu‘elle se sente soulagée de ce qui lui arrive, elle est cependant encore très inquiète... Le car débarque à Chợ-lớn, nos deux voyageuses changent de moyen de locomotion, elles prennent un petit vélomoteur transformé en microbus, comme celui de James Bond !
Arrivées chez elle à Xóm-Củi, tante Trầm sort quelques vieilles affaires de Y‰n, la petite Mai Ly va se rafraîchir et se changer. Au bout de quelques jours, au soir du troisième jour du Nouvel An (Tết), au cours du repas du soir, tante Trầm lui annonça :
- Dès que nous aurons terminé de dîner, je vais te présenter chez Monsieur et Madame TÃn, tu vas faire leur connaissance !
- Oui, ma tante.
Le repas terminé, Mai Ly s’apprêtait à débarrasser la table et faire la vaisselle, mais tante Trầm l’arrêta :
- Laisse, Chị Tám va s’en occuper, allons-y toutes les deux, on nous attend.
Elles arrivèrent dans une petite boutique de détaillant en riz TÃn-Phát. De l’intérieur parvint une voix :
- Qui es là ?
- C’est moi, Trầm !
Une dame arriva :
- Bonsoir, tante Trầm ! Bonne année, vous allez bien ?
- Merci de vos vœux, à mon tour de vous présenter à vous-même et à toute votre famille les meilleurs vœux d’une année heureuse et prospère ! Je profite de l’occasion pour vous amener ma nièce Mai Ly, j’ai entendu dire que vous avez besoin de quequ‘un pour accompagner les enfants à l’école ? Viens, Mai Ly ! Viens saluer madame Tấn
- Bonjour, Madame !
- Bien, comment t’appelles-tu et quel âge as-tu ?
- Je m’appelle Mai Ly et j’ai treize ans.
- Viens, n’aies pas peur. Tu peux m’appeler Grande Sœur ! Tu es comme ma petite sœur qui s’appelle Thu Cúc, elle vient d’avoir ses douze ans .
Tout en parlant, madame Tấn prend la main de Mai Ly, elle demanda vivement :
- Qu’est-il arrivé à tes mains ? As-tu mal ? Reste ici avec moi, je vais te donner un peu de pommade et il n’y paraîtra plus dans quelques jours.
- Mai Ly devant cette marque d’affection ne put retenir ses larmes et s’appuya sur elle.
Tante Trầm voyant cela, continua :
- Hélas, madame! C’est parce qu’elle avait à laver le carrelage avec du savon et le calcaire de l’eau lui a rongé tous les ongles des mains et des pieds aussi.
- Ma pauvre petite ! Tante Trầm ! Vous pouvez me la laissez en ce troisième jour du Nouvel An, c’est aussi bien .
- Oui, si vous le désirez.
Tante Trầm se retournant vers Mai Ly lui recommanda :
- Ecoute, tu restes ici avec madame Tấn. Demain, je t’apporterai tes affaires.
- Oui, ma tante.
Ba Trầm continua avec madame Tấn :
- En fait, Mai Ly ne possède que l’habit qu’elle a sur elle et ce sont les affaires de Yến !
- Ah bon ! Il est tard, ne vous inquiétez pas, je vais m’occuper de la petite.
En s’adressant à la petite Mai Ly elle continua :
- N’aies pas peur !
- Oui, madame.
Tante Trầm allait prendre congé, elle s’approcha de Mai Ly pour la rassurer :
- Tu restes là, madame Tấn sera certainement très gentille avec toi; écoute bien ce qu ‘elle te dira de faire, n’est-ce pas !
- Oui, ma tante, je vous remercie beaucoup... et pour l’habit que je porte ?
- Ce n’est pas grave, ce sont d’anciennes affaires de Yến. Je te ferai apporter tes affaires plus tard quand j’aurai fini de les faire nettoyer. Bien, je vais m’en aller. Sois gentille ! Au revoir Madame, je vous remercie d’avoir bien voulu accepter ma petite Mai Ly.
- C’est tout à fait naturel, ne vous inquiétez pas .
Ba Trầm repartie, madame Tấn jetta un coup d’oeil à la grande pendule, il était déjà plus de minuit, elle se sentait pleine de compassion pour la fillette. Toute la maisonnée étant déjà endormie, elle proposa à la fillette de faire de même :
- Mai Ly, allons nous coucher, je vais te préparer un hamac avec un moustiquaire; la nourrice et les deux enfants Việt et Mỹ sont déjà allés se coucher. Ne crains rien, suis-moi.
- Oui, madame.
Mai Ly suivit madame Tấn. Celle-ci se dirigea vers l’intérieur de la maison et prépara un lit pour la petite. Mai Ly est quelque peu inquiète... mais elle s’endormit tout de même aussitôt jusqu‘au lendemain matin.
Dès son réveil, Mai Ly se mit à ranger les affaires, madame Tấn était en train de descendre l’escalier, voyant la petite déjà levée, elle lui demanda :
- Alors, as-tu bien dormi ?
- Oui, Grande Sœur, très bien.
- Il n’est que huit heures, c’est encore tôt, les cafés ne sont pas encore ouverts. Il n’y a que la nourrice en ce moment, Út bếp qui s’occupe de la cuisine et chị Lẹ qui s’occupe de l’entretien sont retournées chez elles pour la Fête du Nouvel An. Elles vont arriver ce soir. Tiens, voilà ta serviette et tes affaires de toilette, va te laver et te préparer, la salle d’eau est là. Dès que mon mari et les enfants seront levés, nous irons tous en ville prendre le petit déjeuner.
Quelques minutes plus tard, monsieur TÃn descendit, puis les deux enfants arrivèrent avec la nourrice, madame TÃn dit à la nourrice :
- Nourrice, une fois que vous aurez fini de préparer les enfants, nous irons prendre notre petit déjeuner au marché Xóm-Củi.
La nourrice Chị Vú et monsieur Tấn en appercevant Mai Ly, se demandaient.... Madame Tấn fit les présentations :
- Voici Mai Ly ! Petite Mai Ly ira à Thị-Nghè avec les deux enfants. C’est la nièce de madame Trầm, notre voisine.
Monsieur Tấn regarda sa femme et la nourrice :
- Et nourrice... ?
- Tu oublies que j’attends un autre bébé !
- Ah oui ! C’est vrai, je suis impardonnable !
Lorsque tout le monde fut prêt, madame TÃn dit :
- Allons-y, dépêchons-nous ! Après le petit déjeuner, nous avons encore à nous arrêter au marché. C’est le quatrième jour de l’An, tout le monde commence à sortir, le marché va être noir de monde !
La nourrice Vú suggéra :
- Madame, il y a encore de quoi manger à la maison, les gâteaux de riz, le porc au caramel et les légumes, nous n’avons pas besoin de faire le marché.
- Nous verrons cela plus tard. Allons-y !
Toute la maisonnée se rendit au petit café du marché Xóm-Củi. Mai Ly était encore toute intimidée, elle se sentait comme une intruse. Cependant madame Tấn l’entourait de délicates attention, elle se mettait toujours à côté d’elle et lui parlait, posait des questions. Mai Ly se sentait toute heureuse : ‘’J’ai vraiment de la chance ! Mes patrons sont jeunes, compréhensifs et simples, cette fois-ci la chance a tourné ! ".
Du marché Xóm-Củi, au dépôt d’autobus quai Bình-Đông il y a juste cent deux cents mètres. Sur le chemin, Mai Ly restait pensive, mais son cœur était en fête. Arrivés dans le café, madame Tấn plaça Mai Ly à côté d’elle, voyant la petite toute intimidée, elle la rassura :
- Mai Ly ! Vas-y, tu peux commander tout ce qui te plaît, ne crains rien.
Elle s’adressa à la nourrice chị Vú :
- Nourrice, vous savez ce que les enfants mangent d’habitude. Et toi, mon cher époux, qu‘est-ce qui te fait plaisir aujourd’hui ?
Mai Ly demanda un bol de nouilles, la nourrice s’occupait des deux enfants Việt et Mỹ. Monsieur et madame Tấn commandèrent des petites bouchées, les spécialités à la vapeur, ils prirent comme boisson des jus d’oranges. L’atmosphère était paisible et heureuse, celle d’une petite famille unie en ce début d’année ; après le petit déjeuner, ils allèrent faire un tour au marché, madame Tấn achèta quelques fruits et des fleurs puis ils rentrèrent chez eux.
Une belle journée venait de passer, Mai Ly venait d’intégrer dans une famille heureuse qui lui était totalement étrangère, sans aucun lien de parenté avec elle.
Le lendemain, au cinquième jour du Nouvel An, sa tante lui rapporta le reste de ses affaires :
- J’ai entendu dire que ce soir monsieur Tấn va t’accompagner toi et les deux enfants à Thị-Nghè. En fin de semaine, il ira vous chercher pour vous ramener ici. Sois bien polie et obéissante avec sa famille !
- Oui, ma tante.
Mai Ly regardait sa tante Trầm pleine de gratitude et se disait :‘’Pourquoi ne peut-on rester ici et doit-on aller à Thị-Nghè ? Comment cela va-t-il se passer avec la famille de madame TÃn ? Mais que faire ? Tout dépend d’eux !’’
Monsieur Tấn conduisait la petite Vespas-Italie jusqu’au marché de Thị-Nghè devant une boutique au nom de HÜng-Thành, c’était une petite épicerie qui vendait du riz, du charbon et autres produits alimentaires,... monsieur Tấn laissa descendre Việt, MÏ et Mai Ly. Après avoir cadenassé sa vespa, il frappa à la porte de la boutique Hung-Thành. Quelqu‘un vint leur ouvrir, la table était mise, le repas prêt à servir. Madame Nhung, la belle-mère de monsieur Tấn accueillit d’abord ses deux petits-enfants et demanda :
- Qui est-ce Tấn ?
- Mère, c’est petite Mai Ly qui est là pour accompagner les enfants Việt et Mỹ. Mai Ly a déjà treize ans, mais elle a dû arrêter l’école depuis un an.
Madame Nhung regarda Mai Ly puis tourna son regard vers son mari , monsieur Nhung et ses enfants :
- C’est fantastique ! Mai Ly semble avoir quelque chose de notre fille Cúc !
La dénommée Cúc se pointa prestement à côté de Mai Ly :
- C’est vrai ! Grande sœur Mai Ly a la même taille que moi. Quel âge as-tu ? Nous devons avoir le même âge, je parie ?
Mai Ly voyant l’attention de toute la famille concentrée sur elle, se sentait passablement gênée... Intimidée, elle se résolut à répondre d’une toute petite voix:
- J’ai treize ans.
Cúc continuait :
- Tu vois, je n’en suis pas loin ! Tu as juste un an de plus que moi !
Madame Nhung fit asseoir Mai Ly près d’elle, puis la regarda longuement, elle avait un visage souriant mais semblait préoccupée :
- Mettons-nous à table. Tu doit rentrer à Xóm-Củi. Demain, c’est le premier jour d’ouverture de la nouvelle année, il y aura pas mal de travail à faire.
Monsieur Tấn, Việt, Mỹ et Mai Ly se mirent à table, outre madame Nhung, il y avait Cúc, Lan, Hoa, Thành, Hung, Chị Hai, la cuisinière et Chị Chín, la lavandière. Le repas terminé, monsieur Tấn embrassa ses deux enfants :
- Việt, Mỹ ! Soyez gentils avec chị Mai Ly, vous devez l’écouter ! Elle va s’occuper de vous, vous conduire à école et elle jouera avec vous. Je m’en vais, il se fait tard.
- Bien papa, nous serons très gentils. Bisous !
Monsieur Tấn se retourna vers monsieur et madame Nhung :
- Je vous confie Mai Ly pour surveiller Việt et Mỹ. Si vous pensez que Mai Ly désire reprendre sa scolarité, vous pourrez l’inscrire au cours spécial du soir. Mai Ly fait partie d’une famille honorable à Bình-Chánh. Elle est orpheline et n’a personne pour s’occuper d’elle !
Madame Nhung entendant cela était très émue, elle lui dit :
- Ne t’inquiètes pas, la petite Mai Ly semble gentille et bien éduquée. Il se fait tard, rentre vite. Fais attention en chemin. A la fin de la semaine, tu pourras venir les reprendre.
- Oui, mère, je vous remercie, je m’en vais. Au revoir, tous !
Dans la boutique Hung-Thành seules la petite Cúc et madame Nhung étaient attentionnées envers Mai Ly. Monsieur Nhung, Thành, Hung, Lan et les deux femmes de service lui étaient indifférentes, tandis que Hoa semblait prendre ombrage de sa présence.
Après le repas, toute la famille rejoignit la maison familiale qui se trouvait à quelques pâtés de maison, près de là ; seules les deux femmes de service restaient dormir à la boutique. Mai Ly dormait à l’étage avec Việt, Mỹ et Cúc.
C’était la première nuit pour Mai Ly dans une nouvelle demeure. Cúc affectionnait particulièrement Mai Ly depuis qu‘elles s’étaient trouvées ressemblantes l’une à l’autre. Monsieur, madame Nhung, Hoa, Lan, Hưng, Thành, eux dormaient au rez-de-chaussée.

*
Le temps s’écoulait paisiblement. Mai Ly était considérée par madame Nhung comme sa propre fille, Cúc aussi était toujours de connivence avec Mai Ly comme avec une sœur de même âge. Elles se partageaient tout. Chaque fois que madame Nhung achetait quelque chose pour Cúc que ce soit un vêtement, un petit bijou... Mai Ly avait la même chose. Mai Ly et Cúc semblaient être des jumelles gémellaires. Mai Ly avait seulement la peau légèrement plus claire que Cúc. A tous ceux du voisinage , madame Nhung présentait : "La petite Mai Ly et Cúc sont des sœurs jumelles, dans leur enfance un chamane nous a déconseillé de les élever ensemble, c’est pourquoi, nous avions dû les séparer jusqu‘à maintenant...."
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chapitre 6


Trois années s’étaient écoulées depuis que Mai Ly était accueillie au milieu de la famille et ses membres madame Nhung, Cúc, les deux enfants Việt, Mỹ. L’amour familial était calme et serein, tous les soirs, Mai Ly continuait sa scolarité...
Mai Ly atteignait maintenant ses seize ans. La jeune fille commençait à poindre en elle comme un bouton en fleur : la tendre jeune fille avec sa longue chevelure souple, sa taille souple, un corps de félin. Sa beauté était simple, naturelle mais déployait déjà tout son attrait. Les yeux d’une douce mélancolie, un sourire laissant entrevoir des dents blanches, bien rangées, une petite poitrine agressive qui commençait à pointer, des jambes et des mains fines... tout ce charme ne laissait pas indifférents les garçons du voisinage qui ne manquaient jamais une occasion pour harceler la jeune fille. Dans la maison, il y avait déjà le fils de la maison qui ne manquait lui aussi de remarquer la transformation du chrysalide. En toute innocence, Mai Ly continuait à rire et à plaisanter avec Cúc et les jeunes du voisinage sans aucune contrainte. Dans la famille, les deux femmes de service se mettaient du côté de Hoa pour jalouser Mai Ly. Elles inventaient sans arrêt des prétextes pour rapporter à madame Nhung et essayer de détruire l’affection que celle-ci portait à Mai Ly. Un jour, Hoa allait jusqu‘à dire à sa mère :
- Tu sais, Maman, l’autre jour Mai Ly en allant au marché s’était mis un peu d’argent à côté et elle avait même piqué dans le portefeuille !
Madame Nhung savait parfaitement à quoi s’en tenir :
- Vous êtes toujours là à me dire que Mai Ly est comme ceci ou comme cela, qu’elle fait ci... qu’elle fait ça ! Elle. Par contre elle ne me dit jamais rien sur toi. Arrête, ne sois pas envieuse, elle est orpheline. Vous devez compatir à sa situation et ne pas la critiquer, la jalouser ?
Mai Ly savait aussi qui avait de l’affection et qui n’en avait pas, mais elle n’en avait rien à faire... Parce que madame Nhung, Cúc et les enfants Việt, MÏ lui témoignaient de l’affection sans réserve, cela suffisait amplement à la contenter. De plus, en fin de semaine monsieur Tấn venait chercher Việt, Mỹ et Mai Ly pour les ramener à Xóm-Củi. De temps à autre, madame Tấn l’amenait faire les courses, lui achetait de beaux habits et lui donnait généreusement pas mal d’argent de poche. Autant d’affection, Mai Ly se sentait heureuse et comblée comme la fille d’une riche famille. De plus, elle ne se souvenait même plus de ce qu‘elle avait enduré auparavant dans sa proche parenté, frère et tante...

*
Puis un soir, à l’heure du dîner, Thành était resté à la maison pour travailler. Madame Nhung envoya Mai Ly le chercher, Thành sortit sur le seuil, sans aucune explication il entraîna Mai Ly à l’intérieur et prêtsement ferma le verrou. Thành voulut l’enlacer, mais Mai Ly tremblante de peur avait réussit à s’échapper et se réfugia dans la pièce de derrière, Thành la rattrapa et la bloqua sur le lit. Mai Ly se débattait tant et plus mais Thành avec sa stature et sa force de jeune homme n’avait aucun mal à la maîtriser, Mai Ly était impuissante : - Que m’arrive-t-il, c’est fini de moi ! Je vais perdre ma virginité, ma vie ! Thành arracha les boutons révélant une poitrine toute fraîche, il allait continuer sa forfaiture... Grâce au ciel, il y a Cúc qui appelle à la porte :
- Thành, Mai Ly ! Venez dîner, tout le monde vous attend là-bas à la boutique !
Thành se leva vivement pour aller ouvrir à sa sœur :
- D’accord, on arrive tout de suite, Mai Ly et moi.
- Dépêchez-vous, vous faites attendre tout le monde !
- Oui, oui... on arrive !
Thành revint dans la pièce, voyant Mai Ly en train de remettre de l’ordre dans ses vêtements, il proféra des menaces :
- Tu as intérêt à garder le silence, si tu dis quoi que ce soit à ma mère, je n’hésiterai pas à te tuer... !
Sans un mot Mai Ly se rendit à la sortie. Thành prit les clés et lui ouvrit la porte. Tremblante, Mai Ly se précipita vivement vers la boutique encore sous le coup de l’émotion et de la peur. Quant à Thành il était calme et tranquille comme si de rien n’était... Madame Nhung trouva Mai Ly bizarre, apeurée...:
- Mai Ly ! Que se passe-t-il ? Tu es toute tremblante, qu’est-ce qui t’arrive ?
Mai Ly secoua la tête, les larmes aux yeux ; ne pouvant plus se retenir, elle se s’enfuit se réfugier à l’arrière-cour et sanglota désespéremment. Cúc se précipita derrière elle, cherchant à l’interroger. Mais Mai Ly continuait à secouer la tête sans rien vouloir dire. Cúc la ressait de parler :
- Dis-le moi, je ne le répéterai à personne, je te le jure !
- Non, pas maintenant, pas encore. C’est affreux, j’ai vraiment peur, c’est terrible !
Cúc ne comprenant rien à ces paroles, essayait malgré tout de consoler son amie :
- Viens alors, allons dîner, tiens voilà maman qui vient nous chercher !
- Que se passe-t-il Cúc ? Mai Ly, pourquoi pleures-tu ? Viens, allons dîner, une bonne nuit de sommeil et puis on s’expliquera demain matin... on trouvera une solution, il ne faut pas t’en faire à ce point !
Mai Ly céda aux paroles de madame Nhung en ravalant ses larmes :
- Oui, madame j’arrive, je viens tout de suite...
Mai Ly avait la gorge nouée, elle n’arrivait pas à avaler la moindre bouchée mais se forçait tout de même à garder sa contenance devant madame Nhung. Le repas terminé, elle rentra chez elle avec les deux enfants Việt, Mỹ ; les enfants intrigués par les larmes de Mai Ly s’inquiétaient :
- Dis-nous, oncle Thành, il t’a battue ?
- Non, pas du tout.
- Pourquoi tu pleures alors ?
- Ne vous inquiétez pas, il faut dormir maintenant parce qu’il y a école demain.
- Toi aussi, tu dois dormir ; tu ne dois plus pleurer, nous t’aimons beaucoup.
- Si c’est comme ça, vous devez dormir tout de suite et ne plus poser de questions !
pendant que les deux enfants dormaient tranquillement, l’esprit et le cœur bouleversés Mai Ly se disait :‘’Que dois-je faire maintenant ! Je dois absolument m’en aller... partir, je ne peux demeurer plus longtemps ici ! Cette famille m’a donné tant d’affection et de bonheur. J’ai perdu cette quiétude et cette sérénité. Depuis trois ans, que de bons souvenirs, tant d’affections de la part de madame Nhung, sa fille Cúc, monsieur, madame TÃn, les deux enfants ViŒt, MÏ, voisinage, amis... Tant pis, c’est le sort, le destin qui le veut ainsi. Je dois m’en aller. Mais où ? Où puis-je aller ?’’. Toute la nuit, Mai Ly ne cesse de tourner et retourner la question, sans pouvoir trouver le sommeil... :‘’Que faire, où aller, chez qui ? ... Retourner à Bình-Chánh chez mon frère ? Impossible, totalement impossible ! ... Ah ! Et si j’allais chez ma mère ? La petite masure où elle loge actuellement à Xóm-Đầm c’est grâce à mon argent, l’argent de ma paie que je lui avais donnée , il y a plus d’un an déjà, pour acheter la petite bicoque; c’est là où je dois aller, je vais retourner chez ma mère...’’. Mai Ly a enfin trouvé la solution. Elle se sentait calme et déterminée. Une semaine s’écoula; un soir, après le repas Mai Ly aperçut madame Nhung en train de lire le journal au salon, elle s’avança tout doucement. Madame Nhung l’apercevant s’étonna :
- Tu n’es pas encore couchée ? Les enfants sont déjà endormis ?
- Oui madame, les deux enfants sont en train de dormir, permettez que je m’entretienne un petit instant avec vous !
- Que se passe-t-il, mon enfant ?
- Voilà, voilà... madame !
Mai Ly retenait à grand’peine ses larmes, les mots s’étranglaient dans sa gorge, madame Nhung l’aidait :
- Dis-moi ce que tu as sur le cœur, n’aies pas peur !
- Voilà, madame, permettez-moi de prendre... donner mon congé la semaine prochaine !
Madame Nhung lentement enleva ses lunettes, les posa avec le journal sur la table. Elle tira Mai Ly à elle, et lui dit:
- Assieds-toi là, reprends ton calme et racontes-moi pourquoi tu veux donner ton congé sans attendre que Chị-Tu vienne, puis nous en discuterons ensemble ?
- C’est parce que j’habite ici avec vous, alors je voudrais avoir d’abord votre consentement, puis je vais ensuite le demander à Chị-Tu après.
- Oui, mais pour quelle raison. Y a-t-il quelqu‘un qui te fait des misères, qui te traite mal ?
- Non, non madame. Personne ne me traite mal. Je demande mon congé, parce que... parce que j’ai envie de donner mon congé !
- Très bien, si tu le veux vraiment, je dois accéder à ton désir, mais les deux enfants Việt et Mỹ t’aiment beaucoup. Si tu t’en vas, ils seront bien malheureux !
- Je sais, je les aime aussi beaucoup tous les deux, mais je ne peux vraiment pas faire autrement. Durant ces dernières années, vous m’avez donné votre affection comme à votre propre fille, vous vous êtes occupée de moi, vous m’avez guidée, je suis malheureuse de devoir vous quitter, mais je ne peux pas faire autrement...
C’en est trop, les larmes coulèrent le long de ses joues, larmes amères que Mai Ly silencieusement effaça lentement du revers de la main. Madame Nhung témoin de cette douleur, ne peut que caresser la chevelure de jais et soupira :
- Vas, mon enfant, il est déjà tard, vas te coucher.
- Merci, madame, je vais y aller.
- Ne penses plus à rien, tâches de dormir un peu, ne pleures plus, je vais m’occuper de tout.
Mai Ly se sentait rassurée, elle avait pu enfin s’exprimer, allongée à côté des deux enfants Việt, Mỹ, elle se sentait triste, triste de devoir quitter ce nid douillet où elle avait trouvé bonheur et réconfort.

La semaine s’écoula trop vite, demain c’est le dernier jour, Mai Ly va devoir s’en aller, elle se dit : - Malgré tout, je dois tout raconter à Cúc, quoiqu‘il en soit c’est ma confidente... Cúc est aussi mon amie, elle me comprend mieux que personne. Le lendemain soir, après le repas habituel du soir, Mai Ly chuchota à Cúc :
- Dis Cúc ! Tout à l’heure , quand tout le monde sera endormie, vas m’attendre au salon...
- D’accord !
Dix heures du soir passées, toute la maisonnée était endormie, silencieuse, Mai Ly descend à tâtons suivie par Cúc ; arrivées dans le salon, elles se blottirent toutes les deux derrière l’autel des ancêtres, plongées dans le noir... Mai Ly commença :
- Tu sais Cúc ! Nous devons nous dire adieu, je m’en vais demain !
- Oui, je sais, maman me l’a dit, je suis très triste mais je n’osais pas te le demander, maman m’a bien recommandé de ne pas t’en parler, elle pense que tu es triste mais comme tu ne veux pas dire , elle va essayer de tout faire et que tu finiras par rester avec nous.
- Réellement ! Elle m’aime vraiment beaucoup, mais je t’assure, je dois partir, c’est décidé !
- Où vas-tu aller. Est-ce que tu as une autre place ?
- Non. Je n’ai pas d’autre place, je vais rentrer chez ma mère dans le quartier de Xóm-Đầm.
- Si c’est comme cela, passes nous voir de temps en temps quand tu peux !
- Certainement, c’est promis !
Mai Ly leva ses yeux, concentra son regard sur le plafond pour cacher sa peine . Cúc la comprit, les deux jeunes filles s’étreignirent en pleurant dans la nuit. Mai Ly raconta à son amie la souffrance enfouie dans son cœur.
Le lendemain... dimanche, Mai Ly rangea ses affaires dans la petite valise. Munie de son bagage, elle se rendit à la boutique pour prendre congé de tout le monde, madame Nhung et toute la famille. Au même instant, arrivait madame Tấn, elle était déjà au courant quelques jours auparavant par sa mère. Voyant Mai Ly, elle lui proposa :
- Dis Mai Ly, je suis en voiture aujourd’hui, nous allons d’abord aller déjeuner puis nous rentrerons chez moi à Xóm-Cûi, je réglerai tes gages, et je te ramènerai ensuite chez ta mère.
Mai Ly fit simplement remarquer à madame Tấn :
- Merci beaucoup, madame, mes gages ont été déjà réglées par votre mère.
- Non, je dois encore les rectifier, tu veux bien ?
- C’est comme vous voulez, madame.
Il était déjà plus de dix heures, madame Tấn appela Việt et Mỹ, leur demanda d’aller dire au revoir à tout le monde, elle fit de même, puis tout le monde s’engouffra dans la voiture, stationnée un peu plus loin à cause du marché du matin de Thị-Nghè; c’était une très belle voiture de marque Simca année 1960 de couleur ivoivre. Pour la première fois de sa vie, Mai Ly prenait place dans un véhicule aussi luxueux. Pendant toutes ces années passées à Thị-Nghè, elle avait été considérée par madame Nhung comme sa propre fille. Aujourd’hui Mai Ly a atteint l’âge adulte, elle a une belle allure, bien habillée comme toute jeune fille de bonne famille. Bien des fois, elle oubliait quelle était sa vraie condition, juste une petite bonne d’enfants ! Madame Tấn aussi bien que madame Nhung, l’avaient toujours bien considérée et traitée comme quelqu‘un de la famille. Durant ces trois années, elle avait oublié toutes les méchancetés, décrépitudes dont elle avait été assaillies au cours de ses périgrinations dans les différents foyers de la parenté. A la pensée qu’elle allait pouvoir retrouver sa mère qui allait lui donner tout son amour, Mai Ly se sentait pleinement heureuse de son sort.
La voiture était arrivée dans la rue Nguyễn-Tri-Phuong - Chợ-Lớn, madame Tấn la tira de sa rêverie :
- Nous sommes arrivés, Mai Ly, à quoi penses-tu , pourquoi es-tu si triste ? Việt, Mỹ, toi aussi Mai Ly, il faut descendre de voiture pour qu’on puisse aller garer la voiture.
Madame Tấn conduisit Mai Ly et Việt, Mỹ dans le restaurant Vị-Huong pour attendre monsieur Tấn... Lorsque tout le monde fut installé à table, madame Tấn dit :
- Nous allons manger aujourd’hui des cailles et des pigeons rôtis avec des légumes verts sautés. On va bien se régaler et puis demain, nous irons en villégiature à Dalat.
Mai Ly était prise au dépouvu, surprise, elle ne comprenait pas grande chose : - Mon Dieu ! Que dit-elle ? Naturellement, elle n’osa pas émettre la moindre objection.
Les plats servis, madame Tấn s’occupa personnellement de tous les convives : elle-même Mai Ly, les enfants Việt, Mỹ et monsieur Tấn. Madame Tấn est une toute jeune femme qui atteint à peine la trentaine, mais diligente extrêmement attentionnée en toutes choses Mai Ly le remarqua et avait une très grande admiration pour la personnalité de la jeune femme. Elle se promit de prendre exemple et de se comporter de cette manière plus tard : - Si j’ai la chance d’avoir un mari de ce genre, il faudra que j’ai un comportement aussi élégant et raffiné que celui de madame Tấn ! Le repas au restaurant chinois était plus riche et fastueux que d’habitude. Monsieur Tấn les reconduisit ensuite tous à Xóm-Củi. Arrivés à la maison, madame Tấn demanda à Mai Ly :
- Mai Ly ! Veux-tu rester avec nous quelques jours de plus, nous irons passer ensemble quelques jours de vacances à Dalat.
- Oui, si vous voulez bien.
- Bien, allons prendre quelques lainages, car il se peut qu‘il fasse froid à Dalat ; le temps est parfois assez frisquet.
Mai Ly était très contente de rester, mais elle se posait des questions : - C’est étrange ! Madame Tấn voudrait-elle me garder ? Mais les enfants Việt et Mỹ vont à l’école de Thị-Nghè. S’il fallait rester ici, je voudrais bien. Mais s’il fallait retourner à Thị-Nghè alors ce n’est pas possible, je dois alors m’en aller !
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Chapitre 7



Rentrées au bout des quelques jours à Dalat, madame Tấn remit à Mai Ly une autre petite somme d’argent en lui disant :- Je te donne un peu d’argent. Tâches d’aider un peu ta mère pour te faire un peu d’argent et n’oublies pas de te réinscrire à l’école.
- Merci beaucoup, madame, je n’oublierai jamais ce que vous avez fait pour moi.
Mai Ly prit sa valise et se dirigea vers Xóm-Đầm en direction de chez sa mère. L’été tropical, il faisait une chaleur étouffante. Arrivée chez elle, Mai Ly aperçoit sa mère au fourneau, en train de préparer le repas de midi :
- Maman ! C’est moi, Je suis rentrée !
Madame Hùng surprise, la regarda et lui demanda :
- C’est toi ! Où vas-tu comme cela avec ta valise à la main ?
- Eh bien, je reviens, je rentre vivre définitivement avec toi ici.
- Ah bon ! Et tu ne travailles plus pour monsieur et madame TÃn ?
- Non, c’est fini ! Je reviens ici travailler avec toi, à faire des gâteaux et puis je vais apprendre le français.
- Bon, alors vas te laver les mains, nous allons manger rapidement. Je dois ensuite préparer une commande de 500 crêpes à livrer ce soir.
Mai Ly rapidement aida sa mère à préparer le repas. Depuis très longtemps déjà, elle n’avait pas eu l’occasion de déjeuner seule à seule avec sa mère. Après le repas, Mai Ly sur le fourneau encore rubescent commença à faire les crêpes; les premières ne sont pas tout à fait réussies, mais le coup de main vint vite et en un clin d’oeil, elle fit avec beaucoup d’adresse de savouteuses crêpes. Ruisselante de sueur, les joues rougies par la chaleur, elle ne s’arrêta pas jusqu‘au soir pour livrer à temps la commande des 500 crêpes.
Le travail est dur, mais suffisant pour vivre. Tous les jours Mai Ly aidait sa mère dans son travail et le soir elle se rendait à son cours de Français.
Le temps s’écoula paisiblement pendant trois mois. Mai Ly avait dépensé le petit pécule dont elle s’était munie ; un soir elle demanda à sa mère :
- Maman ! J’aurais besoin de trois cents piastres pour l’ inscription du mois qui vient !
Madame Hùng garda le silence comme si elle rien entendu. Le soir, Mai Ly réitéra la question :
- Est-ce que tu peux penser à mes 300 piastres, j’en aurai besoin demain matin pour mon inscription ?
Madame Hùng n’avait pas l’air très contente :
- De l’argent ! Quel argent ? Il n’y a pas d’argent. A quoi ça sert les études. Tu crois pouvoir venir ici manger, dormir et réclamer encore de l’argent !
Mai Ly serra les dents, motifìe par ces reproches mais se disait que cela venait malgré tout de sa mère, elle essaya encore une fois :
- Mais maman ! J’essaie d’apprendre le français. Avec cela, je pourrais me présenter comme visiteuse médicale, j’aime beaucoup ce métier.
Madame Hùng se mit en colère, elle éleva la voix:
- Tu reviens ici pour m’empoisonner la vie ? Tu manges, tu dors, tu me coûtes et tu réclames encore de l’argent pour ci pour ça... Je n’en ai pas. Tu n’es qu ‘une bonne d’enfants et tu veux faire des études ! Tu peux t’en aller, ce n’est pas la peine de revenir ici pour me créer des ennuis !
Mai Ly les larmes aux yeux figea son regard tout en se disant : - Et voilà, je suis encore une source d’ennuis et je coûte... ! Cette maison, c’est tout de même moi qui l’ai payée. Même si ce n’est qu‘une petite masure au toit de chaume... J'ai quand même dû emprunter une demi-année de salaire pour la payer ! Quand j’ai entendu dire qu ‘il ne fallait que trois mille piastres, j’avais aussitôt emprunté et donné l’argent nécessaire pour la payer. Aujourd’hui maman me reproche de vivre à ses crochets et voudrait que je m’en aille... C’est moi qui ai donné l’argent pour l’achat, mais c’est au nom de ma mère, c’est donc à elle, je n’ai par conséquent aucun droit dans cette maison ! Tant pis, puisqu‘on me chasse, partons...! Durant toute nuit, Mai Ly tourne et retourne dans sa tête toutes les possibilités, pour conclure qu’il faudrait... qu‘elle doit s’en aller, quitter la maison ! Elle resta ainsi éveillée toute la nuit attendant le petit matin.
A l’aube, madame Hùng prit son cabas et partit au marché. Mai Ly sans un mot se leva prestement, plia ses affaires, prit la valise et quitta la maison. Elle sortit sans savoir au juste où aller ? Elle n’avait sur elle, même pas de quoi s’acheter un ticket de bus. Elle se souvint tout d’un coup que sa tante Trầm habitait maintenant à la rue Hồng-Thập-Tự - Cao-Thắng. Elle avait eu cette information par Madame Luong qui venait de s’installer dans une villa près de là. Mai Ly, sa petite valise à la main, fit le trajet à pied depuis Xóm-Đầm jusqu‘à Xóm-Cûi, en passant par la rue Nguyễn-Hoàng pour arriver jusqu’à la rue Hồng Thập Tự - Cao Thắng. Mai Ly pensait aller trouver tante Trầm et Madame Luong. Elle espérait qu’avec elles deux et les riches relations qu‘elles avaient, elles pourraient l’aider à trouver du travail.
Elle était enfin arrivée, le soleil de midi dardait de ses rayons brûlants . Le visage Mai Ly était rouge grenat, le dos trempé de sueur. Sans un sou en poche, elle avait fait le trajet entièrement à pied, mais elle arrivait finalement au but. Elle se disait que seule tante Trầm était lla seule personne capable de l’aider. Mai Ly sonna à la porte de la villa "Ngọc-Yến ", entourée par de hauts murs et un grand portail. Chị Tám la femme de service vint ouvrir. Elle s’étonna de la trouver :
- Mademoiselle Mai Ly ! D’où venez-vous comme cela, ce n’est pas une heure pour sortir ! le soleil est au zénith... vous êtes toute trempée !
- Bonjour Chị Tám, est-ce que ma tante est là ?
- Oui ! elle est là, entrez, entrez...
- Merci.
Mai Ly tenant sa valise, se dirigea vers l’arrière de la maison, là où se trouve la cuisine, tante Trầm apercevant Mai Ly, s’empressa de lui demander :
- Où vas-tu avec cette valise qui t’encombre comme cela?
- Bonjour, ma tante ! Je vais chercher du travail !
- Que se passe-t-il encore ! J’ai entendu dire que tu as arrêté ton travail et que tu es retournée chez ta mère dans l’intention de suivre des cours de français !
- Oui, c’est vrai ! Mais malheureusement, je ne m’entends pas avec ma mère et je dois la quitter.
- Est-ce que ta mère sait ?
- Non, elle ne le sait pas !
- Pourquoi, tu ne le lui as pas dit ? Ah oui, as-tu mangé ?
- Non. Je suis partie depuis ce matin, j’ai horriblement faim !
- Depuis ce matin, mais qu’as-tu fait depuis ce matin ?
- J’ai marché, j’ai marché à pied tout ce matin !
- Pourquoi fais-tu le trajet à pied ? De Xóm-Củi il y a des bus qui arrivent jusqu‘ici !
- Oui, mais je n’ai pas d’argent !
- Le ticket coûte à peine une piastre cinquante !
- Je n’ai même pas un sou sur moi ! ... comment trouver alors une piastre cinquante !
- Pourquoi n’as-tu pas demandé à ta mère ?
- Je l’ai fait, mais maman n’a pas voulu m’en donner, au contraire, elle m’a reproché de vivre à ses crochets et que je lui cause des ennuis... C’est pour cela que je dois trouver du travail !
- Mon dieu ! Quel malheur, qu’est-ce qui t’arrive encore ? Je pensais que tu étais bien chez les dames Tấn et Nhung, tu voulais retourner chez ta mère. Je croyais que cela aussi c’était mieux pour toi, je ne pouvais pas m’en douter. Bon, mange, puis repose toi.
- Merci, ma tante.
Mai Ly après s’être rafraîchie, va se servir et calme sa faim d’un bol de riz, quelques crevettes et un peu de légumes au bouillon. Rassasie, elle se sentait épuisée par la chaleur tropicale et par sa marche de la matinée ; elles s’allongea sur le divan et dormit d’une traite jusqu’au soir. Sa tante la laissa se reposer tranquillement.
Un violent coup de klaxon tira Mai Ly de son sommeil. Il était plus de six heures du soir, c’était monsieur et madame Luong qui revenaient, Mai Ly alla leur dire bonjour :
- Bonjour anh Tu, bonjour chị Tu !
Madame Luong apercevant Mai Ly la salua :
- Bonjour ! Mai Ly depuis quand es-tu arrivée ?
- Je suis arrivée en début d’après-midi, je voudrais vous demander si je peux loger un jour ou deux chez vous, en attendant de trouver du travail.
- Mais bien sûr ! Pas de problème. Je vais aller me renseigner chez madame Quš voir si elle a besoin de personnel de service, je te présenterai !
- Je vous remercie beaucoup.
Madame Luong examina Mai Ly :
- Eh bien, eh bien... Tu es maintenant une jolie jeune fille. Il va falloir te marier !
- Eh... je voudrais chercher du travail, je ne cherche pas de mari !
- Je plaisantais ! mais dis-moi quel âge as-tu , cette année ?
- Cette année, j’ai seize ans.
- Mais alors, tu es à peine plus âgée que Yến qui a un an de moins que toi, à ton âge, pourquoi tant de difficultés !
- Je ne sais pas !
Madame Luong est une cousine du père de Mai Ly. Elle fait le commerce du grain, achète et vend du riz à quai BìnhĐông Xóm-Củi. Bien que riche commerçante, son caractère était plutôt gaie et affable, elle avait six enfants et Yến est sa fille unique au milieu des cinq frères, Yến aimait beaucoup Mai Ly, elle étudiait dans un pensionnat à Dalat, et ne revenait à Saigon que pendant les vacances scolaires. Bien que Yến soit une fille de famille riche et scolarisée dans une bonne école, elle considérait Mai Ly comme une amie d’enfance. Selon la hiérarchie familiale Yến devait considérer Mai Ly au rang de tante, mais les deux jeunes filles se tutoyaient ‘’mày-tao’’ depuis très longtemps déjà. Malgré tout, Mai Ly restait très discrète, quant à Y‰n, avec beaucoup de délicatesse elle partageait avec Mai Ly toute la complicité de deux amies, confidentes .
Mai Ly passa la nuit chez madame Luong. Le lendemain matin, celle-ci commença à voir auprès de ses relations comme madame Quš, s’il y avait quelque place vacante pour du personnel de service , malheureusement la tentaive ne fut pas couronnée de succès, elle n’avait besoin de personne pour l’instant. Mai Ly entendant cela, ne se découragea pas, tenta sa chance et alla sonner aux portes des somptueuses villas. Elle n’avait toujours rien pu trouver... jusqu’au troisième jour, ses démarches restaient infructueuses. Au lever, Mai Ly alla voir sa tante Trầm pour lui demander :
Ma tante! Cet après-midi je vais aller l’autre côté. J’espère que j’aurai de la chance ?
- Oui, bon courage ! ...

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Saigon, on entraint dans le temps de l’automne, les feuilles jaunies commençaient à couvrir le pavé. Il est déjà plus de deux heures de l’après-midi, dans la maison, c’est l’heure de la sieste. Quant à Mai Ly, elle s’apprêtait pour sortir, elle avait revêtue sa tunique aux manches ballonnées, de couleur mauve sur un pantalon de satin blanc. Elle se demandait encore quelle direction prendre : - Vers où... ? Peut-être de l’autre côté, vers la rue Trần Quí Cáp il y a pas mal de villas et quelques boutiques... Il ne faut tout de même pas aller trop loin, s’il m’arrivait quelque chose, on ne sait jamais !... Je ne peux pas continuer à hésiter comme cela ? Allons-y ! Mai Ly passa par la porte de derrière du côté de la cuisine. Dehors, le soleil tapait encore violemment ! Mai Ly en passant aperçut un chapeau conique :
- A qui est le chapeau, chị Tám est-ce que je peux l’emprunter ?
- Oui, biensûr, tu peux le prendre. Mais où vas-tu à cette heure-ci ?
- Je vais chercher du travail. Je voudrais bien avoir la chance d’en trouver un aujourd’hui.
- Je te le souhaite aussi.
- Peux-tu fermer la porte derrière moi, s’il te plaît
- Vas, ne t’inquiètes pas.
Mai Ly sortit de la maison de madame Luong, tourna sur la rue Cao Thắng, elle était en train de changer de trottoir car elle venait d’apercevoir dans la petite ruelle latérale, une série de grandes villas. Soudain, elle entendit son nom :
- Mai Ly ! Mai Ly !
Mai Ly voyait de l’autre côté de la rue, un jeune homme d’une vingtaine d’années qui lui faisait de grands signes. Elle ne le reconnaissait pas :
- Mai Ly ! c’est moi. Tu m’as déjà oublié ?
- Hoàng ! Que fais-tu là ?
C’était le secrétaire de monsieur et madame Tấn. Ils avaient des patrons communs, mais comme elle était la plupart du temps à Thị-Nghè, et ne revenait qu’en fin de semaine, ils ne se rencontraient pas très souvent. Chaque fois qu ‘elle avait l’occasion de le voir, Hoàng, celui-ci lui racontait en détails ses dernières conquêtes et parfois même il lui montrait son courrier du cœur. Mai Ly avait certes un petit sentiment pour le beau jeune homme, mais elle était intimidée devant la nature désinvolte, conquérante du jeune secrétaire. Hoàng est bel homme, il sait s’habiller avec beaucoup de distinction comme les fils de famille. Aujourd’hui la rencontre lui donnait chaud au cœur, elle se sentait heureuse.
Déjà, Hoàng lui lançait une boutade :
- Je te cherchais.
- Et comment donc ! Quel menteur !
- Je plaisantais, je fais une course pour le magasin Tấn Phát.
- Là, ta réponse est plus vraie. Que tu dises que tu me cherchais, c’est cent pour cent faux !
- Bon, à mon tour de te demander. Où vas tu comme cela ?
- Je vais chercher du travail.
- C’est vrai ? Tu fais une vraie lady et tu cherches du travail, tu rigoles !
- Si tu ne me crois pas, tant pis pour toi... Je m’en vais !
- Hé, doucement. On cause un peu !
- Il n’y a rien à dire. Tu ne veux pas me croire, qu’est-ce que je peux te dire ?
- Oh là, là ! Stop ! Je capitule...
- Comment ça, je n’oserai pas.
- Sérieux, je peux te demander ?
- Vas-y !
- Depuis que tu as quitté monsieur et madame Tấn tu n’as pas trouvé d’autre job ?
- Si, si... J’ai fait des crêpes avec ma mère.
- Tu me racontes encore une blague !
- Mais c’est vrai. Je ne te raconte pas d’histoire; si tu ne me crois pas, alors ne pose plus de question.
- Pardon, ne te fâches pas. Je t’invite, allons prendre un pot, il fait trop chaud en plein soleil !
Mai Ly regarde le jeune homme, encore indécise :
- Si tu as une course à faire, tu as le temps... ?
- Ce n’est rien. Il n’est pas encore trois heures, j’ai encore du temps devant moi.
- A quelle heure dois-tu y aller ?
- Entre trois heures et demie et quatre heures. Et toi, tu as peut-être un rendez-vous ?
- Non.
- Mais je croyais que tu allais chercher du travail ?
- C’est juste ! Je vais frapper de porte en porte.
- Alors allons-y. Est-ce que tu veux monter sur mon Solex...
- Je préfère marcher à pied, le café est juste là devant pas très loin; j’ai peur de monter en Vélo-Solex !
Hoàng pousse son Vélo-Solex à côté de Mai Ly, jusqu ‘au café du coin de la rue Trần-Quí-Cáp, Hoàng lui demanda :
- As-tu jamais été déjà dans ce café ?
- Non.
- Dans ce petit café, on y sert le matin un bon petit déjeuner bien consistant sinon toute la journée ils servent des boissons, des petits gâteaux faits maison, jus de coco entre autres et aussi des glaces, tout cela fait maison, c’est très bon ! Alors, Mai Ly qu’est-ce que tu prends ?
- Rien. Je ne veux rien du tout !
- Mais pourquoi ?
Mai Ly se tait, elle réfléchit : - Je n’ai pas un sou en poche, et si jamais Hoàng n’en a pas aussi, de quoi aurions-nous l’air !...
Mai Ly se tait sans répondre à la question de Hoàng, Hoàng lui demanda :
- Pourquoi ne prends-tu rien ?
- En réalité, c’est parce que je n’ai pas un rond pour payer !
Hoàng regarda Mai Ly et éclata de rire :
- Seigneur, qu ‘est-ce que tu es compliquée ! C’est moi qui invite, je ne vais pas te faire payer...!
- C’est parce que je suis comme cela !
- Mettons cela de côté ! C’est d’accord, je t’invite. Que veux-tu prendre ?
- Je vais prendre un Pepsi-cola et toi ?
Hoàng s’adressa au serveur qui attendait pour prendre la commande:
- Vous nous donnez un Pepsi et un café au lait frappé.
Celui-ci revint les servir puis se détourna et se rendit dans l’arrière salle l’ait indifférent, sans mot dire. Il fait une chaleur torride, cependant il n’y avait qu’eux deux comme clients , le cafetier était certes très déprimé !
Hoàng se retourna vers Mai Ly :
- Dis, Mai Ly ! Tu vas chercher du travail de porte en porte, que veux-tu faire ?
- N’importe quoi, pourvu que je puisse trouver un gîte et de quoi me nourrir, cela me suffira.
- Et où habites- tu actuellement ?
- J’ai trouvé asile chez des cousins éloignés pour quelques jours.
- Ah bon, mais pourquoi ne vas-tu pas chez ta mère ?
- C’est fait. Mais il y a des problèmes, je ne peux pas y rester, c’est pour cela que je suis partie. Je ne veux plus qu ‘on en parle !
- Comment se fait-il, tu es encore en train de tout compliquer ?
- Bien oui, c’est cela je suis compliquée !
- Vas, je te fais mes excuses ! Je suis un choqué par ce qui se passe entre ta mère et toi.
Mai Ly est un peu énervée, elle n’aime pas que Hoàng s’immisce dans ses affaires avec sa mère :
- Ce sont mes oignons, t’occupes... ! On y va, tu as encore à faire.
- Écoutes, sois raisonnable !
- Toi, tu m’écoutes et tu ne cherches pas plus loin ! Viens, on s’en va !
- Quand est-ce que je te revois ?
- Je ne sais pas ! Tu travailles toujours chez Tấn Phát. Quand j‘aurais du temps, j‘irai dire un bonjour à la famille Tấn .
- C‘est promis ! N‘oublies pas ce que tu viens de dire.
- De toute manière, cela na sert à rien que j‘aille te voir, tu es toujours très entouré !
- Arrête, tu plaisantes.
- Je ne raconte pas d’histoires, c’est la stricte vérité. Salut ! Merci pour le Pepsi.
Mai Ly précéda Hoàng pour sortir. Dans la rue, elle se sentit mieux, un peu de gaîté au cœur, elle pensait :‘’Où allons-nous maintenant ? Et si j’essayais de ce coté là , il y a pas mal de villas et quelques immeubles. On ne sait jamais, la chance pourrait nous sourire aujourd’hui’’. Mais dans sa tête, Mai Ly n’arrêtait pas de penser à Hoàng, ses pas se ralentirent et elle revint lentement vers la villa ‘’Ngọc-Yến’’, elle n’avait plus l’intention d’aller chercher du travail. Avec beaucoup d’émotion, elle se posait la question :’’Que se passe-t-il ? Serais-je tombée amoureuse...? Oh mon dieu ! Si c’est vrai je risque d’être très malheureuse’’. Le cœur battant, elle y repensait sans arrêt , l’image de celui-ci emplissait son esprit, il revenait sans cesse dans ses pensées. Il était déjà plus de quatre de l’après-midi quand elle arriva à la maison. Chị Tám était en train de faire du repassage, elle s’étonna en voyant Mai Ly :
- Tu es déjà là ? As-tu pu trouver quelque chose ?
- Non, pas encore !
- C’est vraiment dur en ce moment à courage, tu vas voir, demain, ça ira mieux, mais que se passe-t-il, pourquoi es-tu pensive et si triste ?
- Ce n’est rien, rien… Mais, dis-moi chị Tám ! Est-ce que tu te souviens de Hoàng, le jeune secrétaire de chez Tấn Phát?
- Bien sur que je me souviens. Tu l’as revu tantôt ?
- Oui, tout à l’heure, j’allais traverser quand je l’ai rencontré, nous avons été prendre un pot ensemble.
- Tu n’as pas été chercher du travail alors ?
- Non.
- Fais attention. Ne te laisse pas embobiner par Hoàng, il a une réputation de coureur de jupons.
- Je sais, il m‘a même fait lire son courrier du cœur.
- Oh là,j‘ai l‘impression que tu es en train de t‘engager dans un chemin épineux. Fais attention, tu es encore très jeune, ne te laisses pas conter fleurette par ce type.
- Je sais, mais Hoàng ne me fait pas la cour.
- Oh tu sais, il est très habile.
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Chapitre 8


Durant tout l‘après-midi, Mai Ly errait comme une âme en peine depuis qu‘elle avait revu Hoàng. Le jour suivant, elle se hasarda à emprunter à tante Trầm cent piastres pour prendre le microbus jusqu‘à Xóm-Củi. Elle disait vouloir aller rendre visite à monsieur et madame TÃn, ses anciens bienfaiteurs. Mais en réalité, elle voulait revoir le jeune homme. Elle n‘avait plus l‘esprit à aller chercher du travail. Il est vrai qu‘à seize ans, on rêve et on est vite amoureux. Le lendemain, Mai Ly alla jusqu‘à Xóm-Củi, en entrant dans le magasin Tấn Phát, elle aperçut immédiatement Hoàng assis à son bureau dans la pièce de devant, Mai Ly sentit son cœur sauter dans sa poitrine, elle essayait de garder son calme :
- Bonjour, Anh Hoàng !
- Tiens, Mai Ly ! Tu viens d‘arriver ?
- Je viens pour rendre visite à monsieur et madame Tấn, est-ce qu‘ils sont là ?
- Non. Ils sont allés tous les deux chez les grands-parents à Thị Nghè. Il paraît qu‘il y a une réunion de famille chez eux... Assieds-toi.
Mai Ly à la vue de Hoàng tremblait de joie. Hoàng se doutait bien que Mai était là pour lui, c‘est pourquoi il faisait comme si de rien n‘était. Quant à Mai Ly, elle prétextait qu‘elle était là pour rendre visite aux Tấn pour se sentir un peu moins prise au piège, coincée.... Hoàng faisant l‘innocent, demanda :
- Est-ce que tu as du temps ? Si oui, nous pourrions aller dîner au Vieux Marché chinois.
- Pas de problème, j‘ai du temps... Mais qu‘est-ce que je vais faire d‘ici ce soir ?
- Eh bien, tu n‘as qu‘à rester ici avec moi, je sais que les Tấn ne rentreront que tard ce soir.
Mai Ly sentait battre son coeur à tout rompre. Elle était littéralement sub-jugée, hypnotisée par la présence de Hoàng. Elle était obéissant à ses tendres impulsions sans penser à sa condition si précaire en ce moment sans logement, sans travail... et maintenant elle était perdue par cet amour qui la consummait. Elle était complètement absorbée par sa passion... de temps à autre elle glissait discrètement un regard vers Hoàng qui semblait s’absorber lui dans ses comptes.
Hoàng releva la tête et dit distraitement en consultant l’horloge :
- Il est déjà midi, le temps passe bien vite; c’est l’heure de fermer, allons à coté déjeuner; le repas doit être prêt, aujourd ‘hui il y a seulement chÎ Út. La nourrice est avec les Tấn.
Mai Ly et Hoàng se rendirent dans la maison de la famille à côté de la boutique. La voyant, Chị Út lui demanda immédiatement :
- Tiens, bonjour Mai Ly ! Depuis quand es-tu là ?
- Je suis arrivée depuis une heure ou deux et je suis restée avec Hoàng au bureau. Comment vas-tu ?
- Bien, je te remercie. Tu n’as qu‘à rester déjeuner avec nous !
- Oui, merci.
Ils se mirent à table tous les trois, chÎ Út s’adressa à Hoàng :
- Hoàng ne trouvez-vous pas que Mai Ly est maintenant devenue une très jolie jeune fille ?
Hoàng rit :
- Oui, très jolie... Il va falloir qu ‘elle grandisse un peu plus avant que je puisse la demander en mariage...! Je vais l’attendre jusque là !
Mai ly rougit, genée, elle essaya de répliquer :
- Penses-tu !... Hoàng a sélectionné toute une série, il peut même organiser un concours de beauté !
Chị Út se mit à rire :
- Ah, tu parles de ces petites pimbêches !.. Elles lui tournent autour, mais Hoàng ne s’est pas encore laissé prendre au filet. Mais méfies-toi quand même ! Hoàng a déjà une jolie fiancée. Toi, mon garçon, de t’avises pas de faire la cour à Mai Ly, laisses la tranquille !
Mai Ly à ces paroles de Chị Út, se sentit foudroyée... ses oreilles bourdonnaient, elle n’entendaient plus rien, elle avait mal, très mal... son cœur se brisait dans un implacable étau, les larmes lui montaient aux yeux, elle essayait de garder contenance. La nourriture s’étranglait dans sa gorge , elle se demandait :‘’Mon dieu ! Si ce que dit Chị Út c’est la vérité, que suis-je donc venue faire ici ? Si je m’engage avec Hoàng je cours au-devant de beaucoup de déceptions !’’. Mai Ly essaya de demander:
- C’est vrai ? Surtout, n’oublies pas de m’inviter à ton mariage!
Hoàng était un peu gêné :
- C’est juste une idée en air, il n’y a rien de précis encore, manges ! Et puis ce soir, je t’invite à La-Kay, au restaurant chinois.
- Oh non, je n’oserais pas ! Si jamais ta fiancée me voit, elle va me crêper le chignon !
- N’importe quoi ! Je te protègerai, cela n’arrivera pas...
Mai Ly essaya de demander encore à chị Út :
- Chị Út ! Est-ce vrai que Hoàng va bientôt se marier ?
- C’est la pure vérité, n’écoutes pas ce qu’il dit, il est en train de t’embobiner !
Hoàng regarda Mai Ly et s’adressa à chị Út :
- Oh là la, Chị Út ! Vous êtes en train de me jouer un vilain tour, vous allez dissuader Mai Ly de répondre à mon invitation ce soir.

Après le repas, Mai Ly aida Chị Út à faire la vaisselle, puis ils retournèrent à la boutique. Ce n’était pas encore l’heure de l’ouverture Hoàng déplia un lit de camp en toile et fit allonger Mai Ly près de lui . Mai Ly sans savoir pourquoi obtempéra sans rien dire, le cœur et l’esprit brûlant.... Hoàng commença à lui prendre la main, puis lui caressa lentement, doucement les cheveux... il prolongea naturellement le geste doucement, il commença à chatouiller la peau si douce et sans s’arrêter peu à peu alla vers la poitrine tendue... Mai Ly était complètement tétanisée, elle ne pouvait plus bouger se laissant emportée par ces mains qui n’arrêtaient pas, bien au contraire elles se faisaient de plus en plus insistantes, jouant à déboutonner lentement une à une les dernières défenses du corsage, petit à petit fit apparaître les petits boutons en fleur, les mamelons rosés Hoàng n’arrêtait pas de les faire rouler tendrement entre ses doigts... Mai Ly restait toujours immobile sous les caresses Hoàng ne sentant pas d’opposition s’enhardit toujours plus bas... Mai Ly restait toujours immobile, tétanisée... hypnotisée sous la violence des sentiments... Mai Ly sentait la sueur perler, elle avait peur, peur de perdre son bien le précieux, aujourd‘hui même sous la main de Hoàng. Elle réussit enfin à repousser violemment celui-ci... les yeux embués de larmes, elle lui reprocha:
- Hoàng ! Tu ne m’aimes pas, qu’ est-ce que tu fais ?
Hoàng se leva et fit la tête :
- Eh bien quoi ! Si tu m’aimes vraiment, tu peux bien m’offrir cela ... il n’y rien de répréhensible !
Mai Ly se leva, rajusta ses vêtements :
- Je croyais qu ‘on allait juste s’allonger un peu pour se reposer quelques instants mais tu exagères. Je m’en vais, je n’ai pas envie d’aller dîner ce soir !
- C’est comme tu veux. Un autre jour alors, j’irai te voir à rue Hồng-Thập-Tự !
Mai Ly sans un mot repartit, elle marcha jusqu’au marché et monta dans le micro-bus à vélomoteur appelé Lam. Sur le Lam, la scène revint dans la mémoire de Mai Ly comme un cauchemar. Cependant, la pensée de Hoàng l’obsédait ainsi qu’un immense désarroi, elle se posait la question :‘’Mais pourquoi ? ! Pourquoi agit-il ainsi alors qu‘on avait même pas parlé d’amour !’’. Mai Ly était perdu dans ses pensées tandis que le véhicule arrivait au collège Pétrus-Kš. Mai Ly fit à pied le reste du chemin Hồng-Thập-Tự - Cao-Thắng.
Arrivé à la maison de madame Luong il était déjà plus de trois heures. Elle sonna puis rentra dans la maison, tout était calme, c’était encore l’heure de la sieste . Mai Ly repensa à sa recherche d’empli : ‘’Comment faire ? Je ne peux pas rester indéfiniment ici !’’. Pensive, elle alla se changer, se vêtit d’un ensemble de couleur bleu, chaussa une paire d’espadrilles blanches et se couvrit d’un chapeau conique. Elle ouvrit le portail et sortit à nouveau. Elle s’engagea dans une petite ruelle, un grand arbre cachait parmi ses feuilles recouvertes d’un fin duvet, de minuscules fruits à peine plus gros qu’une groseille, parfumés et sucrés, d’un rouge savoureux lorsqu’ils sont murs; à cause de la petitesse des fruits et leur goût très fin, les Saigonnais l’appellent - l’arbre au caviar - Mai Ly s’arrêta pour déguster ce caviar de fruit qui faisait le délice de tous les enfants. Avisant une villa qui lui semblait bien d’aspect, rassemblant son courage à deux mains elle fit tinter la sonnerie. La réponse arriva du fond de la cour :
- Qui est là... Qui êtes-vous ?
- Bonjour, madame. Je voudrais voir Madame s’il vous plait !
- Madame fait la sieste. Si vous avez quelque à dire, vous pouvez me le dire, Madame ne se lève qu’à six sept heures.
- C’est que je cherche du travail.
- Ah bon ! Alors, revenez vers sept heures, je n’ose pas aller chercher Madame à cette heure-ci.
- Très bien, je vais revenir tout à l’heure alors.
Soudain, à l’étage, du balcon résonna une voix :
- Qu’est-ce qui se passe ? Qui est-ce ?
- Il y a une jeune fille qui cherche du travail, Madame !
- Très bien ! Dis-lui qu’elle entre, je descends dans un instant.
La femme de service fit entrer Mai Ly dans l’arrière-cour. Mai Ly repensait sans arrêt à ce qui s’était passé entre elle et Hoàng. Au fond d’elle-même, elle nourrissait un tendre sentiment pour celui-ci mais se posait encore beaucoup de questions. Elle pensait : "Dans combien de temps... plus d’abri, sans rien pour subsister, comment faire ? Que vais-je devenir !". Actuellement dans le cœur de Mai Ly se levait l’appel de l’amour qu’elle maîtrisait difficilement. Le bruit des pas la tira de ses sombres pensées, Mai Ly s’empressa de se lever pour se présenter :
- Bonjour, Madame.
- Vous cherchez du travail ?
- Oui, c’est bien cela.
- Comment vous appelez-vous ?
- Je m’appelle Mai Ly.
- Quel beau nom ! Quel âge avez-vous ?
- J’ai déjà seize ans.
La femme regarda Mai Ly de haut en bas. Elle détailla ses mains soignées aux ongles bien taillées. La femme continua :
- Quelles sont vos compétences ?
- Tous les travaux de la maison, je peux faire le lavage, repassage, la garde d’enfants...
- C’est bien, j’ai actuellement besoin de quelqu’un pour accompagner mon benjamin à l’école, est-ce que vous connaissez le travail ?
- Oui, je l’ai déjà fait auparavant.
- Combien désirez-vous par mois ?
- C’est comme vous voulez. Je voudrais être logée, nourrie ; vous me donnez un peu d’argent de poche, cela me suffira.
- Quand pouvez-vous commencer ? C’est d’accord, je vous prends à mon service.
- Je peux commencer demain, est-ce que ça vous va ?
- C’est d’accord pour demain ! Bien, je vous donnerai six cents piastres par mois.
- Merci, Madame. A demain.
Mai Ly ayant trouvé du travail, se sentit le cœur allégé. En sortant, elle regarda le ciel, le soleil perçait à travers les nuages qui s’effilochaient dans l’azur. L’image de Hoàng la poursuivait sans cesse. Ses pas la ramenaient lentement vers la maison de madame Luong, dans son cœur se mélangeaient joie et tristesse... Dès son retour, elle retrouva Chị Tám et Tante TrÀm en train de préparer le repas du soir. Tante Trầm lui demanda :
- Est-ce que tu as pu trouver du travail ? Mais pourquoi es-tu donc si triste ?
- ça y est, j’ai pu trouver quelque chose. Je commence demain. Je ne suis pas triste !
- Qu’est-ce que tu as trouvé comme travail ?
- Je dois garder un garçon de cinq ans, l’accompagner à l’école
- Combien as-tu réclamé comme salaire ?
- Elle m’a proposé six cents piastres par mois.
- C’est un peu juste ! En ce moment, pour ce travail, on donne huit cents piastres
- Oh, vous savez. Je cherchais surtout nourriture et gîte. Si on ne me paie un petit peu moins, cela n’a pas grande importance !
- Ce soir, quand Monsieur et Madame Luong rentreront, tu n’oublies pas de les remercier pour leur accueil.
- Je le ferai certainement, sans faute.
- Je suis heureuse pour toi, je prie le ciel pour que ton travail ne soit pas trop pénible et que tu puisses avoir une certaine stabilité.
- Merci, ma tante. Je vais aller me rafraîchir un peu.

*
Le ciel commençait à s’éclairer, les rayons se levaient, la brise d’automne remuait légèrement les feuilles jaunies, qui voletaient de ci de là avant de recouvrir les dalles de la cour. Il est déjà sept heures du matin, tout le monde vaquait à son travail sans poser de question, chacun connaissait son travaille le faisait comme tous les jours. Il n’y avait que Mai Ly qui est l’intruse, mais elle allait bientôt quitter cette maison. Elle était réveillée mais restait encore allongée, car elle avait pensé toute la nuit à Hoàng... puis à son travail futur, joie mais aussi doute et tristesse l’assaillaient. la voix de la Tante Trầm l’appelait :
- Mai Ly ! Prépares-toi. Ton déjeuner est prêt. Mange d’abord un peu, avant de te rendre à ton nouveau travail.
Mai Ly se leva, elle rangea ses affaires puis alla faire sa toilette sans un mot. Dans la cuisine, il y avait une petite table ronde sur la quelle était posée l’assiette de riz au porc émincé comme elle l’aime. Elle se mit à table, tante Trầm prit son cabas et son chapeau, voyant Mai Ly, elle lui dit :
- J’ai préparé ton plat préféré, je dois aller au marché maintenant. à quelle heure, dois-tu te rendre à ton nouveau travail ?
- Oui, je dis demain, je viendrai...
- Dans ce cas, reste déjeuner avec nous. Je vais aller au marché chercher du poisson ; je te ferai du poisson salé grillé avec une soupe d’igname, tu aimes beaucoup ces deux plats, n’est-ce pas ?
Mai Ly était émue :
- C’est vrai. Vous avez tant d’affection pour moi !
- Reste là avec Chị Tám, si tu t’ennuies, tu peux bavarder un peu avec elle, cela te distraira.
- Ne vous inquiétez pas, je dois préparer mes affaires pour cet après-midi, j’ai encore à faire.
Tante Trầm partie au marché, Mai Ly assise devant son assiette repassait dans sa tête le film de son enfance. Elle se rappelait de celui qui l’a mise au monde, son père qui était aussi ce patriote nationaliste Héros de la Nation mort pour la patrie dans sa lutte anti-colonialiste.
A cause de cet idéal, il n’a hésité à braver la mort, laissant derrière lui une femme encore jeune et cinq enfants en bas âge. Elle évoquait avec émotion ce père héroïque qui lui manquait, parti alors qu’elle n’avait que cinq ans... Elle ne put retenir ses larmes, et la tête dans ses mains, elle pleura amèrement sa condition d’orpheline...

... Il était environ 9 heures, ce matin d’Avril 1950... Dans le jardin, la rosée scintillait encore sur les feuilles des arbres et sur les bananiers, le soleil était déjà haut dans le ciel, inondant la nature de ses rayons lumineux. À la porte de derrière, des coups pressants... Une voix chuchote inquiète :
- Hùng ! Hùng ! Les soldats français sont partout. Vite, sauvez-vous vite !
C’était Ba Truợng le fermier du grand père de Mai Ly, à qui on donnait le Titre de Monsieur le Grand Hạnh. Ba Truợng était un proche de monsieur Hùng et appréciait particulièrement la grande humanité de celui-ci. Ba Truợng avait à peine fini d’appeler monsieur Hùng que la maison était déjà complètement encerclée. Une dizaine de vietnamiens collabo accompagnaient un officier français à la barbe hirsute. Dans la maison, il y avait dans la pièce une cachette creusée dans le sol et sur laquelle on avait empilé un tas de fagots. Cependant, la cachette était connue par certains....
Dans le groupe qui venait d’entrer, il y avait un militaire français, de haute stature à la mine pathibulaire, une barbe hirsute, vêtu d’un treillis d’un jaune verdatre, le pistolet accroché à la taille. Quatre cinq vietnamiens l’accompagnaient, ils parlaient entre eux en français, puis l’assistant de l’officier français se dirigea directement dans la chambre en hurlant :
- Hùng, sors immédiatement de ta cahètte. Sinon une grenade suffira pour te réduire en bouillie !
Monsieut Hùng pensa rapidement :’’Ils vont le faire, ce n’est pas une menace en l’air !‘’. Soudain la petite Duyên se précipita à la porte de la chambre pour arrêter les assaillants. Monsieur Hùng savait que c’était la fin pour lui: ‘’C’est fini! Ils savent parfaitement tout !’’. Monsieur Hùng n’a plus besoin de réfléchir. Il repoussa les fagots et sortit de sa cachette. Il fut aussitôt entouré par le groupe armé :
- Mets tes mains sur la tête ! Au moindre geste et on t’abats comme un chien !
Monsieur Hùng demeurait immobile regardant tour à tour tous ceux qui l’entouraient bravant les gueules des canons de fusils pointés sur lui. Il était animé de cet idéal de patriote luttant contre le colonialisme oppresseur des français, le sang de héros bouillonnait dans ses veines. Il était en train de songer à une possibilité de fuite quand une voix conseilla :
- Hùng ! Hùng ! Rends-toi, ne crains rien. Ton père, Monsieur le Grand va te faire sortir sans problème.
C’était ce que lui conseillait monsieur Thuờng, qui était alors l’assistant de l’officier, mais qui était aussi le compagnon de jeux, le camarade de classe de monsieur Hùng. Il ne comptait pas sur la fierté de celui qui ne veut pas se rendre...le sang de héros coulait dans ses veines, oubliant jusqu’à sa jeune femme et ses cinq enfants en bas âge... monsieur Hùng sans hésitation repoussa violemment le camarade, l’ancien compagnon qui n’avait jamais eu le même idéal. Aussitôt, les balles crépitèrent... touché en pleine poitrine, le flot de sang jaillit, monsieur Hùng tué debout, s’affaissa lentement sur lui-même. La petite Mai Ly hurla de terreur, tous les enfants Hà, Hữu, Duyên pleuraient et hurlaient, Phúc qui avait à peine cinq mois était encore dans les bras de sa mère, madame Hùng. Ils étaient tous regroupés dans un coin de la maison. Pendant la tragédie, Hai Tần, qui était chargé de surveiller le groupe de prisonniers... on ne sut pourquoi...? Dès que l’occasion se présenta, il dit rapidement à madame Hùng :
- Madame, essayez de disperser rapidement les enfants, envoyez-les chez les uns et chez les autres, il semblerait qu’il y a eu un ordre de donné pour vous exterminer tous, vous et les enfants aussi !
Madame Hùng à ces paroles de Hai Tần, sans plus attendre emporte Phúc, accompagnée des deux enfants Hữu et Duyên. Quant à Hà et la petite Mai Ly ils ont été recueillis c’était Ba Truợng, le compagnon du père qui les avait recueillis. C’était ainsi qu’ils purent échapper au pire. Et monsieur Hùng ! Il était là allongé dans une mare de sang; monsieur Thuờng lentement s’avança pour constater qu’il était bien mort, mais il gardait les yeux grand ouverts regrettant de n’avoir pu réaliser son idéal. Monsieur Thuờng essaya en vain de lui fermer les yeux, il rendit compte à l’officier :
- Il est mort !
Que pensait, que ressentait Monsieur Thuờng à ce moment-là ? Il y eut quelques instants d’un silence mortel, puis un accord :
- Il est mort Hùng ! Vous pouvez prendre ce que vous voulez. Je ne voulais pas sa mort, mais malheureusement...
Monsieur Thuờng soupira... sortit dans la cour fumer sa cigarette. Dans la maison, les autres membres du groupe inspectaient partout, prenant chacun ce qui lui convenait depuis le mobilier de salon de la maison jusqu’au riz et autres provisions... tel une bande de chacals, des hyènes se partageant la carcasse !!
Une fois, le pillage effectué, il y eut l’ordre de brûler la maison. Le corps de monsieur Hùng était resté à l’intérieur, sous la chaleur des flammes, il brûla et il ne resta plus qu’un squelette recroquevillé noirci !
Vers trois quatre heures de l’après-midi tout était terminé, il ne restait plus que quelques minces filets de fumée qui s’élevaient encore des cendres calcinées. Monsieur le Grand Cả Hạnh à cette nouvelle funeste, bien qu’il eut le cœur brisé, n’osait reconnaître son propre enfant de peur des représailles. Seule la mère de monsieur Hùng arriva sur les lieux. Avec l’aide des voisins, elle fit éteindre le feu et fouilla dans les cendres fumantes pour retrouver ce qui restait de monsieur Hùng, la carcasse calcinée... les voisins apportèrent un lit pliant en guise de brancard pour ramasser la carcasse et recouvrit le corps d’une simple couverture. Monsieur Ba Truợng portant sur le dos Mai Ly était revenu sir les lieux de drame...


... Mai Ly était en train de revivre ces terribles instants de son enfance. Pendant ce temps chị Tám avait fini de faire la poussière du salon, elle s’était approchée de la jeune fille :
- Oh, Mai Ly ! Tu es encore là, je te croyais déjà partie !
Mai Ly releva la tête :
- Tante Trầm est allée au marché, elle m’a dit de rester à déjeuner.
- Je ne sais pas que tu es là, parce que tout est calme, pas un bruit. Mais pourquoi es-tu si triste, tu as pleuré ?
- Je suis inquiète, je ne sais pas comment sont les gens, comment est-ce qu’ils vont m’accueillir et le travail aussi !
- Il ne faut pas trop t’en faire, s’ils sont corrects alors ça va, si cela ne va pas, alors tu cherches ailleurs !.
- Ailleurs, une autre place !
Mai Ly encore déprimée soupira :
- Mais où ? Tu sais bien, j’ai été partout, j’ai sonné à une vingtaine de portes sans beaucoup de succès... je viens de trouver seulement depuis hier !
- Je suis sure que ça va aller , ça va être une bonne place et ça te plaira.
(...)
Les paroles de Chị Tám apportèrent une petite consolation à Mai Ly , elle était quelque peu rassurée, car la vie de celle-ci n’avait pas été des plus faciles, elle avait vu des vertes et pas mures... Elle avait connu des patrons riches et cruels, maintenant elle avait enfin eu la chance de tomber sur la famille de Madame Luong. Bien qu’elle soit fortunée, mais Madame Luong avait un tempérament simple et généreuse avec son personnel de service. Mai Ly et Chị Tám étaient encore en train de deviser gaiement à l’arrivée de Tante Trầm.
Le déjeuner fini, Mai Ly avec sa petite valise à la main se rendit vers sa nouvelle destinée, celle d’une gardienne d’enfants chez de nouveaux patrons.

La destinée
La main de la destinée est là qui attend...
La fleur encore en bouton s’abîme
dans l’immensité des flots...
Où donc se cache ce havre de paix ?
__________________
"Giữa sỏi đá vút vươn niềm hy vọng
Trong tro tàn dào dạt nhựa hồi sinh
Hận nội thù trên máu ruột Tiên Rồng
Căm giặc cộng BÁN non sông Hồng Lạc"
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Chapitre 9


Les nuages s’étirent dans l’azur, la brise d’automne fait voler quelques feuilles jaunies devant le regard de Mai Ly. La valise à la main, elle se dirigeait à petit pas vers son nouveau foyer, de nouveaux patrons, il n’y que le travail qui n’est pas nouveau pour elle. Arrivée en vue de la haute bâtisse à trois étages où elle s’était adressé hier, il était déjà plus de quatre heures, au fond d’elle Mai Ly se sentait anxieuse et hésitante. Levant la tête, elle s’aperçut soudainement de l’enseigne qui se dressait et ne comprit pas du tout que voulait dire ces mots :‘’Qu’est-ce que c’est ? Kim-Cuong-Snack-bar ! Bar, qu’est-ce que cela veut dire ? Qu’est-ce qu’on y vend ?’’. Elle pensait :‘’De toute manière, elle m’a embauchée pour garder son fils, le reste ne me regarde pas ; j’ai simplement besoin de travailler’’. Mai Ly ne sonna pas, elle se rendit directement à la petite porte de derrière la femme de service qu’elle avait rencontrée hier était là en train de laver les légumes pour préparer le repas du soir; la voyant Vú lui demanda :
- Vous êtes bien Mai Ly la jeune fille qui était venue hier, n’est-ce pas ?
- Oui, c’est cela. Pardon, madame est encore en train de faire la sieste , peut-être ?
- Oui, c’est cela, madame a parlé de vous ce matin.
- C’est bien vrai ? Vous pouvez me considérer comme une amie de votre fille, c’est plus facile.
- C’est vrai, c’est mieux que je vous appelle comme ma fille, d’ailleurs, je pense que ma benjamine doit avoir le même age que toi. Attends un instant, je me lave les mains et je t’accompagne à l’étage.
- Ce n’est pas urgent. Est-ce que je peux faire quelque chose pour vous aider ?
- Je suis en train de laver les feuilles d’épinard, je vais préparer pour ce soir un potage de légumes avec du poisson frit à la sauce piquante, est-ce que tu aimes ce plat ?
- Ce sont des plats que nous mangeons habituellement dans notre campagne, c’est ce que je préfère !
Au bout d’un moment, elle avait terminé son travail, Vú dit alors à Mai Ly :
- J’ai terminé, nous pouvons y aller si tu veux bien.
La femme n’avait pas encore la cinquantaine, c’est pourquoi elle allait très vite et monta prestement l’escalier. Elle s’arrêta devant une chambre, poussa la porte et dit à Mai Ly :
- Voilà ta chambre. Range-la et installe-toi. Quand la patronne sera levée , j’irai te chercher ou je te ferai appeler.
- Merci bien.
Vú tourna les talons et s’en alla. Resté seule, Mai Ly inspecta la chambre qui était en désordre; dans un coin, sur un sommier bancal, il y avait un vieux matelas défoncé, un oreiller jauni avec des taches d’humidité; il y avait aussi un moustiquaire troué. Mai Ly eut une pensés de consolation :‘’Si je pouvais demeurer en paix ici, ce sera aussi bien’’. Pendant qu ‘elle se mettait à ranger, elle essaya de se tranquilliser momentanément l’esprit. Le temps passa rapidement, il était déjà sept heures, du bas de l’escalier parvint l’appel de la femme de service :
- Mai Ly ! Descends vite au second étage, madame t’attend ! C’est au deuxième, la première porte à gauche, surtout n’oublies pas de frapper avant d’entrer !
- Oui, bien sur.
Mai Ly descendit et frappa deux coups légers; une voix lui dit d’entrer :
- Oui, tu peux venir, pousse la porte et entre !
- Bonsoir, madame.
- A quelle heure, es-tu arrivée ?
- Je suis arrivée à quatre heures.
- Est-ce que Vú a montré ta chambre ?
- Oui, c’est fait.
- Tu es satisfaite, n’est-ce pas ?
- Merci beaucoup, vous m’avez acceptée, c’est déjà un grand bonheur pour moi.
- Tu sais déjà ce que tu dois faire ?
- Oui, vous me l’aviez déjà expliqué, mais je n’ai pas encore eu l’occasion de voir votre fils ?
- En effet, il est encore en promenade avec son père, tu peux descendre à la cuisine dîner avec le personnel.
Mai Ly descendit rejoindre les autres membres du personnel de service. A son entrée, Vú la présenta :
- Tiens, Út ! Voici Mai Ly. C’est elle qui va désormais s’occuper de toi et t’amener à l’école.
Út regarda Mai Ly et se retourna pour demander à la femme :
- Dis-moi, Chị Mai Ly, elle ne va me battre ou me pincer !
- Qu’est-ce que tu racontes ?
- C‘est parce qu’avant il y avait Chị Bông, elle me pinçait et me battait tout le temps.
- Tu vas voir, je ne suis pas comme, Chị Bông. Je t’aimerai beaucoup, je t’emmènerai au parc zoologique voir les animaux et aussi au jardin botanique, tu pourras faire du manège ; ça te plait ?
- Ah, oui ! N’oublie pas de demander un peu d’argent à ma mère, je voudrais acheter aussi des cacahuètes pour les singes !
- Je te le promets.
En quelques secondes, Mai Ly a conquis le petit garçon qui voulut l’entraîner avec lui à l’étage :
- Viens avec moi en haut !
- Pourquoi faire ?
- Pour que je dise àmaman qu’elle te fasses dormir avec moi, dans ma chambre.
- Cela, ça va être difficile, parce que j’ai déjà ma chambre au 3è étage !
- Si ! Si maman ne veut pas que tu viennes dormir avec moi, je vais monter chez toi dans ta chambre, je ne veux pas dormir toute seul, j’ai peur du noir et des fantômes !
- Út, sois gentil, pas aujourd’hui si tu m’aimes un peu, tu me laisses faire, je viens juste d’arriver... si tu fais des caprices comme ça, ta maman ne va pas être contente et elle va me renvoyer !
- Ah bon ! Mais... j’ai seulement envie de dormir avec toi, tu peux venir avec moi dans ma chambre, si tu veux !
- C’est d’accord, on le fera bientôt ! Tu veux bien ?
- Bon, ça me va !
- Alors tu vas aller prendre ton bain, maintenant. Après le bain, il faudra se coucher tot et demain, je t’accompagnerai à l’école. Ah oui, demain à l’école comment vas-tu me présenter à ta maîtresse d’école et à tes copains, est-ce que tu sais et est-ce que tu peux me le dire ?
- Bien sur que je sais !
- Comment vas-tu me présenter ?
- A... a... ha, je vais dire que tu es ma sœur, ma grande sœur, ça va ?
- Très bien, ce sera très bien, tu vas voir comme je vais te dorloter, te chouchouter.. ! !.
Ils bavardaient comme cela pendant plus d’une demi-heure, il semblait que le petit garçon s’entendait bien et éprouvait quelque affection pour Mai Ly. Après avoir pris une douche, tout le monde se mit à table, puis le repas terminé chacun se retira pour aller se coucher. Mai Ly aussi pour la première monta dans sa chambre et les émotions aidant, elle sombra bientôt dans un profond sommeil.
Le soleil était déjà levé, Mai Ly était en train de plier son moustiquaire, dans la maison tout le monde commençait à s’affairer; seule, la patronne est encore endormie.
Du haut de l’escalier Mai Ly descend rapidement, en voyant Vú, elle interrogea :
- Vú ! Est-ce que vous avez de la pâte dentifrice ?
- Non ! Non je n’en ai pas, j’utile du gros sel, tu sais, c’est très bon pour les gencives, le sel les renforce.
- Ah bon ! J’ai oublié mon tube de dentifrice Hynos chez ma cousine.
- Alors, essaie voir avec le sel !
- Oui !
- Le matin, qu’est-ce que tu aimes prendre comme soupe ?
- Je prends ca qu’il y a , comme tout le monde.
- Alors va au bout de la rue Trần-Quý-Cáp il y a une marchande ambulante de soupe, tu en ramènes deux bols.
- Ouis, mais que dois-je dire ? Comment ?
- Tu lui dis simplement que c’est pour Kim Cuong Bar, elle est au courant.
- Oui, et puis... Út n’est pas encore levé ?
- Non, pas encore il ne se lève que vers 9 heures.
- Alors il ne va à l’école que l’après-midi ?
- Oui, c’est cela.
- Et où se trouve son école ?
- Pas très loin d’ici. Tu peux aller chercher les bols de soupe, ne restons pas là à papoter, j’ai faim !...
- J’y vais tout de suite. Oh, mais vous ne m’avez pas encore donné de l’argent pour payer ?
- Ne t’inquiète pas. Elle a une ardoise pour une semaine, quinze jours et la patronne lui paie à échéance.
- Bien, je vais y aller alors !

*
Les jours s’écoulent paisiblement jour après jour, cela fait bientôt deux mois pleins qu’elle est là. Mis à part, le fait qu’elle devait accompagner le petit garçon Út et aller le rechercher à l’école, quelques petits travaux ménagers... le travail n’est pas très conséquent, elle n’avait pas à se plaindre... Il est vrai qu‘elle est logée et nourrie pendant ces deux mois. Mais la patronne n’avait pas touché un mot au sujet de son salaire, elle n’osait pas lui en parler; pour le premier mois, c’est peut-être encore trop tôt pour réclamer, mais on arrive maintenant à la fin du deuxième mois et toujours rien... Mai Ly réfléchit, elle cherchait une solution pour demander le peu d’argent dont elle avait besoin ! Mais elle n’avait pas le courage de le faire, elle craignait qu’on ne la mit à la porte et alors comment faire ?!... Elle se décida à demander l’aide à Vú, elle saura comment il faut s’y prendre.
Ce jour-là, Mai Ly se leva de bonne heure, elle se rendit dans la pièce qui servait de cuisine le jour et de chambre à coucher pour la femme le soir, lorsque le nettoyage était terminé. Vú en se réveillant trouva Mai Ly assise près de son divan :
- Mai Ly, que fais-tu là ! Pourquoi es-tu levée si tôt ce matin ?
- Je n’arrive pas à dormir !
- Oh là, tu es amoureuse ?
- Mais non, vous le savez bien !
- Qu’est-ce qui se passe, tu es vraiment très matinale aujourd’hui ? Je t’ai trouvée un peu peinée et anxieuse ces derniers jours... Tu peux me dire ce que tu as sur le cœur, ne crains rien, vas-y, raconte ...!
- Euh... est-ce que vous pouvez rappeler à madame au sujet de mon salaire... Je suis vraiment très gênée en ce moment !
- Dès que je trouve la patronne de bonne humeur, je lui en parle tout de suite. Je me demande par contre si elle a eu sa pension du mois ?
- Vú ! vous parlez du patron ? Je ne l’ai jamais vu, je ne vois que le chauffeur qui vient prendre Ut à chaque fois !
- Mai Ly, ne pose pas trop de questions ! Un jour, j’aurai certainement l’occasion de t’informer de ce qui se passe, patiente... je te raconterai tout cela.
- N’oubliez surtout pas ce que je viens de vous dire, j’ai vraiment besoin de cet argent.
- C’est d’accord, ne t’en fais pas... je le ferai... dès que je peux !
Quelques jours passèrent encore, le temps d’attente était long, très long... Mai Ly attendait impatiemment le résultat des tractations.
Ce soir-là après le dîner, Mai Ly était remontée se coucher, elle était en train d’accrocher son moustiquaire, quand elle entendit Vú qui l’appelait d’en bas :
- Mai Ly ! J’ai ton salaire du mois !
- C’est bien vrai Vú, je vous en remercie beaucoup.
- Mais en fait... madame ne m’a remis que le salaire d’un mois, pour le reste elle verra le mois prochain.
Encore toute à la joie de la bonne nouvelle, la mauvaise renfonça Mai Ly dans son appréhension, elle avait espoir de recevoir mille deux cents piastres ! Elle ne se doutait pas que la patronne allait lui retenir tout un mois de salaire, elle ne comprenait pas : Comment se fait-il... chez les Tấn, dès la fin du mois, ils me payaient sans attendre et lorsque j’ai eu besoin d’argent pour payer le logement de ma mère, ils ont même avancé jusqu ‘à six mois de salaire...’’. Mai Ly réfléchissait avec beaucoup de tristesse et de l’incompréhension dans ses yeux. Vú voyant que Mai Ly sans prononcer une seule parole serrait fortement dans ses doigts les six cents piastres qu’elle venait de lui remettre... devinant ses pensées, la femme essaya d’adoucir la terrible déception de la jeune fille :
- Ne t’en fais pas ! La patronne est certainement gênée en ce moment et elle doit manquer de trésorerie en ce moment.
- Je le pense aussi. Tant pis, il vaut tout de même mieux en avoir la moitié que pas du tout !
- Tu as raison, je te laisse, bonne nuit.
- Je vous remercie encore.
- Ce n’est rien, dors bien.
La lumière mordorée du matin, douce et soyeuse s’étendait partout ce matin-là, les oiseaux chantaient à qui mieux mieux, dans un coin sous les toits , deux, trois couples de tourtereaux roucoulaient de tout leur cœur... pour les accompagner, des étudiants accordaient, eux aussi leurs violons ; le concert et ses musiciens improvisés enchantaient Mai Ly qui se sentait légère, oubliant tous ses soucis et ses ennuis. Elle cueillit quelques fruits bien rouges, sucrés et parfumés sur les branches protectrices de l’arbre au caviar. A ce moment-là, elle avait totalement oublié le nom d’un certain Hoàng qui s’est envolé en fumée parmi les nuages chassés par le vent. Sans trop faire attention, elle vit un petit véhicule à trois qui s’arrêtait à la porte du Kim-Cuong-Bar. Le véhicule portait tout un chargement de boissons, bières, coca-cola, des cageots chargés de bouteilles rafraîchissements... il y avait aussi deux grandes barres de glace qui servaient de glacières dans les pays chauds. Le livreur descendit et commença à transporter tout cela dans la maison. Mai Ly intriguée lui demanda :
- Monsieur, monsieur. Que faites-vous ? Est-ce ma patronne qui achèterait autant de boissons et ces deux grosses barres de glaçon, qu’est-ce qu’elle en fait... pourquoi faire ?
Le livreur charriait péniblement le chargement :
- Ce soir, c’est le jour de réouverture du Kim Cuong Bar, il a été fermé pendant six mois déjà. Mais vous, qui êtes-vous ?
- Moi, je travaille ici.
- Que faites-vous ?
- Je m’occupe du petit garçon Út.
- Ah bon, vous n’êtes pas ‘’gái’’ ici ?
- ‘’Gái !’’. De quoi parlez-vous ?
- Eh bien... eh bien, je croyais que vous êtes ‘’gái’’, c’est à dire hôtesse parce que vous êtes très jolie.
- Qu’est-ce que vous dites, je n’y comprends rien. Qu’est-ce que cela veut dire ?
- Ne cherchez pas à comprendre, il n’y a rien à comprendre.
Il continuait à marmonner :‘Elle n’est pas mal du tout cette fille !’’. Il lui recommanda en sortant :
- N’oubliez pas de fermer derrière moi, faites bien attention ! Si jamais, on nous piquait une ou deux caisses de bière, pauvre de moi , je perdrais tout mon capital, ce sera ma ruine.
- D’accord, ne vous inquiétez pas, je surveille.
Mai Ly demeurait perplexe, elle se disait :‘’A cette heure-ci, Vú va bientôt rentrer du marché !’’. Elle s’inquiétait :‘’Mais, comment se fait-il qu’elle soit si en retard aujourd’hui ?’’. Elle était encore en train de se poser maintes et maintes questions qu’un violent coup de klaxon la tira de ses réflexions, c’était la patronne :
- Mai Ly, viens vite aider à porter les affaires.
La voiture était chargée de victuailles de toutes sorte, il y avait même un cochon de lait laqué, un entier bien décoré sur un grand plat..
Vers la fin de l’après-midi, lorsque les rayons de soleil commençaient à s’en aller, quelques jeunes filles bien apprêtées arrivèrent , ainsi c’étaient elles les fameuses hôtesses couvertes de soieries, de belles poupées, des papillons chamarrés aux couleurs chatoyantes. Mai Ly souleva discrètement le rideau et jeta un coup d’œil :‘Ce sont elles ! Ce sont les filles ‘’gái‘’, les fameuses hôtesses dont m’avait parlé le livreur de boissons...’’.
Mai Ly était encore une toute jeune fille qui ne savait pas encore faire valoir ses atouts par un savant maquillage, de belles soieries et autres artifices bain féminins... elle voulait seulement tout voir par curiosité pour ce monde qui lui était jusqu‘à présent totalement inconnu. La fumée de tabac emplissait la pièce, la noyant dans une brume indicible irisant de mille feux les lumières colorées des feux de la rampe une musique tantôt douce, tantôt dynamisante qu’on appelle rock-and-roll amènent la civilisation d’ailleurs, celle de l’occident et du continent américain.
__________________
"Giữa sỏi đá vút vươn niềm hy vọng
Trong tro tàn dào dạt nhựa hồi sinh
Hận nội thù trên máu ruột Tiên Rồng
Căm giặc cộng BÁN non sông Hồng Lạc"
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Chapitre 10



Mai Ly était encore naïve et inconsciente, une fleur à peine éclose, une fleur des champs. Sa beauté n’est pas altière comme celle des roses, pure et envoûtante comme la pivoine, solide comme cela glycine... Mais elle avait cette beauté de la fleur sauvage, accrochée à son regard perle encore la goutte de rosée du matin, scintillante, prete à se perdre au moindre souffle de vent. Avec sa taille gracile qui se ploie au passage, elle attire le regard du promeneur égaré dans la campagne... Son apparence soignée avec ses ongles bien taillés, couverts d’un léger vernis rosé, donnait à sa fraîcheur sauvage on ne sait quoi une saveur raffinée et nouvelle. Dès le premier regard, on n’avait pas de peine à remarquer la tendre bouche finement dessinée s’en trouvant sur une rangée de perles désirables. Les contours descendent et s’étendent plus bas vers une paire de collines désirables encore fragiles, qui ne demandent qu’à s’épanouir; les vieux boucs ‘’dê-xòm’’ ne demandent aux qu’à les piétiner avec délices...
Depuis la réouverture de Snack-bar-Kim-Cuong, Mai Ly a quelque peu plus de travail pénible à faire. Tous les matins, elle devait assurer le balayage, nettoyage des locaux, assurer la propreté des lieux. Ainsi se déroulaient quelques semaines tranquilles; de temps à autre les unes et les autres des hôtesses la gratifiaient de petits pourboires pour de menus services. Elle n’avait remarqué que la patronne avait un oeil sur elle. Elle avait remarqué la nature curieuse de Mai Ly et ses manèges...
Un après-midi elle fit venir la jeune fille :
- Mai Ly ! Viens me voir demain soir, j’ai à discuter avec toi.
- Oui, madame.
- Bon, alors à demain!
- Bien, madame.
Le lendemain soir, la jeune Mai Ly monta à l’étage frapper à la porte de la patronne, la réponse ne se fit pas attendre :
- C’est toi, Mai Ly ? Entre !
- Hier, vous m’avez demandé de venir, que puis-je faire ?
- Non, non... rien ! C’est pour ton salaire, tu es là depuis deux mois et je ne t’ai payé pour l’instant qu’un mois, voici le reste de ton salaire.
Mai Ly voyant qu’elle récupérait enfin le reste de son salaire, se sentait joyeuse, pleine de gratitude envers sa patronne :
- Merci beaucoup, je vous remercie infiniment de l’aide que vous m’avez apporté.
- Il ne faut pas me remercier, c’est tout à fait normal, le petit Út t’adore; ici, tout le monde t’apprécie, tout le monde trouve que tu as une bonne éducation et conciliante avec tous...
- Vos appréciations me touchent beaucoup, je tacherai de faire de mon mieux à l’avenir.
- C’est bien, le Nouvel An va bientôt arriver, pour l’occasion nous irons chercher quelques habits neufs comme le veut la tradition !
- Vous avez raison, avec ce que vous venez de me donner, je pourrais m’offrir une nouvelle tenue.
- Ce n’est pas ce que je voulais dire... nous irons faire nos emplettes ensemble et ce sera mon cadeau !
- Vous êtes vraiment généreuse ! Je vous en remercie encore une fois !
- Tu n’as pas à me remercier, je te l’ai déjà dit ! Tu as une allure vraiment très élégante on peut même dire aristocratique.
Dans sa naïveté, Mai Ly croyait à la bonté humaine, elle ne se sentait pas de joie... La patronne non seulement lui donnait tout son salaire sans qu’elle ait à réclamer et de plus voudrait lui faire un cadeau, une nouvelle tenue pour le Nouvel An :‘’Ma chance est arrivée ! La patronne est contente de mon travail et elle m’aime bien !’’. Elle était aussi très coquette. Les yeux brillants de joie, elle lui demanda :
- Madame ! Est-ce que vous pouvez me le faire savoir un peu à l’avance, je m’arrangerai avec Vú pour s’occuper de petit Út.
- Disons, la semaine prochaine ! Est-ce que ça te va ?
- Très bien, je m’en occupe.

*
Le jour venu, madame Kim Cuong fit prévenir Mai Ly qu’elle vont y aller :
- Mai Ly!
- Oui, madame.
- Nous irons voir dans la rue Tự-Do (anciennement Catinat du temps des Français). Dans cette rue, il y a beaucoup de magasins de tissus, le choix est très varié !
- C’est merveilleux ! Je ne connais pas du tout cette rue Tự-Do.
- C’est parfait, tu vas certainement etre très contente de toutes les nouveautés que tu vas découvrir. Par contre, avant d’y aller, viens me voir, je t’enseignerai quelques rudiments de maquillage !
- Oui, madame.
Mai Ly entendant madame Kim Cuong parler de maquillage se disait :‘’Qu’est-ce que c’est... habillée comme je suis, est-ce que c’est pas trop osé ?... Est-ce que je ne vais pas avoir l’air d’un clown !’’. Mai Ly pouvait penser ce qu’elle voulait, madame Kim Cuong avait déjà fomenté son plan. Le lendemain, lorsque Mai Ly entra chez elle, elle lui remit sa trousse de maquillage et lui apprenait à se peinturlurer avec tous ces artifices, elle lui ordonna de se changer et de revetir une robe à l’occidentale ; la petite ne se reconnaissait pas, mais elle craignait de facher la patronne aussi elle s’exécuta sans rien y comprendre. Mai Ly avec sa jeunesse n’avait pas besoin de grande chose pour être tout de suite encore plus belle. Son teint éclatait de fraîcheur sous cette petite touche rosée sur ses joues. Madame Kim Cuong l’examina d’un oeil critique , elle était satisfaite de son travail. Contente de son oeuvre, elle commença à guider la petite Mai ly dans les dédales des rues... Tout à fait naturellement, madame Kim Cuong fit les présentations, en premier lieu à la vendeuse de tissus :
- Voici ma nièce Mai Ly; ne trouvez-vous pas qu’elle est belle, elle a vraiment beaucoup de classe !
Son interlocutrice sourit en asquiesçant de la tete. Elle apporta quelques pièces de tissu, madame Kim Cuong les déroula devant Mai Ly :
- Qu’en penses-tu, y-a-t-il quelque chose qui te plait ?
- Oh oui, ça y est ! mon choix est fait.
- Qu’est-ce que tu as choisi comme couleur ?
- Voilà, celle-ci ! Couleur mauve.
- Du mauve ! C’est une couleur qui n’est pas très gaie ! Tu ne veux pas changer, tu ne veux pas choisir une couleur plus vive ?
- C’est ma couleur préférée, j’ai toujours désiré avoir tunique de cette couleur.
- Bon, si tu veux, mais tu choisis une autre.
- C’est fait.
- Quelle couleur ?
- Du bleu, est-ce que ça va ?
- Oui, c’est plus gai, c’est mieux. Et pour le pantalon, tu préfères du satin noir ou du satin blanc ?
- Je voudrais bien un blanc et un noir.
La vendeuse coupa le métrage nécessaire pour la confection des tuniques et des deux pantalons; madame Kim Cuong régla les achats à la caisse, puis s’adressant, elle lui indiqua qu’elles allaient continuer leurs emplettes et iraient ensuite chez un couturier :
- Nous allons chercher les accessoires qui vont avec... chaussures, sac à main ! On peut les trouver dans la rue qui se trouve juste au coin après le tournant, c’est la rue Nguyễn Huê (un héros, fondateur de la première dynastie vietnamienne ).
Les emplettes terminées, elle amena Mai Ly à l’atelier de confection et passa commande, livraison dans trois jours. Mai Ly assise dans la berline avec madame Kim Cuong fut soudain prise d’un doute : "C’est tout de même un peu étrange, pourquoi tant de gentillesse et de sollicitude ? Qu’est-ce qui se cache derrière cette attitude ?!". Malgré ses doutes et ses inquiétudes, elle était tout de même heureuse d’avoir eu l’occasion de s’acheter toutes ces belles choses, surtout la tunique couleur mauve; avec son salaire de rien du tout, comment aurait-elle pu se procurer tout ce luxe...
Toutes ces opérations terminées, madame Kim Cuong prit la route qui longeait le quai Bạch-Đằng, et elles arrivèrent chez elles à peu près à sept heures du soir.
La nourrice Vú avait terminé de préparer le repas du soir depuis longtemps. Sur le devant de la villa, l’enseigne Snack-bar-Kim-Cuong brillait de tous ses feux, toutes ces petites lumières clignotantes, une multitude d’étincelles multicolores.. que Mai Ly regarde avec ravissement ! A l’intérieur règne une intense animation, quelques hôtesses sont là en train de dîner et de deviser gaîment . La maison est baignée dans une lumière brumeuse, un chaos magique...

*
Depuis qu’elle avait six ans, Mai Ly vivait ça et là sa condition d’orpheline ballotée à droite à gauche. A qui pourrait-elle en vouloir ? A qui adresser ses reproches ? A propos de quoi ? Pendant les dix années où elle avait du galérer, seule la famille des Tấn l’avait prise sous leur protection. Finalement, sa condition n’avait point changé, elle est toujours une travailleuse à la merci des autres; aujourd ‘hui devant l’intérêt que lui porte madame Kim Cuong elle est quelque peu perplexe, de nombreuses questions s’élèvent dans son esprit...
Les mois passèrent pour Mai Ly dans la maison de madame Kim Cuong, elle avait acquis l’affection du petit garçon Út et même la femme de service qu’on avait toujours nommé la nourrice Vú lui témoignait un peu de sollicitude. Devant une situation relativement paisible, elle se consolait en elle-même : ‘‘A vrai dire, j’ai tout de même une petite chance ! Je vais tâcher de bien travailler, je pourrais faire un peu d’économie, cela sera peut-être suffisant pour que aider ma mère, elle n’aura plus à peiner pour faire ses crêpes !’’.
à tout moment Mai Ly pensait à sa mère bien qu’elle ne soit pas du tout proche de celle-ci, bien au contraire. ‘’Père et mère sont les géniteurs. Le Père du ciel est seul à doter d’un caractère...’’. Mai Ly gardait une grande fierté et un fort ressentiment en elle. Cependant elle lui était toujours reconnaissante de l’avoir mise au monde et nourrie pendant six longues années.
Dans la famille, on lui avait rapporté une petite histoire. Avant la naissance de Mai Ly, son grand-père avait été consulté les oracles Tº-Vi pour connaître la destinée de l’enfant qui va naître, le chamane avait prédit à l’époque : ‘’Si c’est un garçon, la famille entière en profitera, ce sera la grande prospérité. Si c’est une fille, la famille subira de grands malheurs et sera dispersée’’. Mai Ly étant une fille, son père s’empressa d’aller revoir le chamane pour revoir plus précisément les oracles encore une fois, celui-ci lui dit que la petite ne vivra pas longtemps à ses côtés. C’est pourquoi, dans l’esprit de tous, elle n’allait pas survivre très longtemps et tous de son grand-père jusqu’à son père, tous la choyaient de leur mieux pensant qu’elle allait mourir jeune. Ils ne se doutaient pas que dans cinq ans, ceux qui l’aimaient le plus au monde, son père et son grand-père tous deux allaient la quitter définitivement. Son père activiste et nationaliste avait été tué par la police Française, quant à son grand-père atteint de cancer, il décéda peu de temps après, il atteignait à peine ses soixante ans.
Les gens se fiaient aux propos du chamane et des oracles. Les malheurs s’abattirent sans répit sur la famille qui sombra dans la gene. La petite Mai Ly malgré son jeune âge fut rendue coupable de tous les méfaits. La mère de Mai Ly était une jeune veuve encore très désirable, les hommes n’arrêtaient pas de lui tourner autour et sans plus tarder, sa mère envisagea de se remarier. Mai Ly était tellement attachée à son père qu’elle ne supportait pas de voir un autre homme avec sa mère, elle haïssait son beau-père et ne voulut pas vivre avec sa mère et celui-ci. La mère de Mai Ly espérait la faire fléchir. Mais Mai Ly était plutôt tetue, elle préférait mourir plutôt que de céder. Elle se sépara de sa mère et vécut une vie sans père ni mère. Il est vrai que dans leur égoisme, les enfants ont toujours considéré les parents comme leur propriété propre qu’ils ne veulent pas partager...
Parce qu’elle ne voulait pas vivre avec son beau-père, elle avait du errer de famille en famille toutes ces années. Bien qu’elle gardat en elle l’image de la mère qu’elle adore, Mai Ly ne pouvait la rejoindre à cause de l’aversion qu’elle avait du beau-père; madame Hùng perdit son second mari, se remaria et le dernier mourut aussi.
Hélas, Mai Ly n’est qu’une bonne d’enfants avec un salaire de rien du tout, comment pourrait-t-elle aider sa mère ? Et elle-même, aura-t-elle la capacité de s’assumer ? Mai Ly se sentait comme un frêle esquif au milieu des flots, aura-t-elle la force de le guider à travers les eaux tumultueuses qui l’assaillent sans arrêt, cherchant à la couler sans pitié... En cet instant, qui va s’ocupper d’elle ? Voyant l’intérêt que madame Kim Cuong lui porte, Mai Ly était très inquiète, elle se demandait ce que cela veut dire ?
Madame Kim Cuong a offert à Mai Ly deux ensembles tuniques et pantalons qui était enchantée de cette générosité. Un soir, elle lui dit :
- Mai Ly, je vais recevoir des hôtes de marque, j’aurais besoin de toi pour les recevoir.
- Certainement, madame. Que dois-je faire ?
- Eh bien, cela va être l’occasion d’étrenner tes belles tenues et tu n’as qu’à te servir de ma trousse de maquillage comme la dernière fois !
- Pour cela, c’est possible ! Mais je saurais pas quoi dire !
- Ce ne sera pas difficile, tu seras une belle fleur qui sait parler, ce sera facile.
- Vous croyez, j’ai peur de ne pas savoir faire !
- Ne t’en fais pas ! tu n’as qu’à faire comme je te l’ai dit, ce ne sera pas si terrible que ça... tu verras...
- Je vais essayer.
Mai Ly se sentait obligée d’obéir à madame Kim Cuong. Elle fit comme l’avait suggéré madame Kim Cuong, elle entra dans la chambre de celle-ci et se maquilla comme on le lui avait appris la dernière fois. Une fois le maquillage terminé, elle choisit sa couleur préfère, la tunique mauve sur un pantalon de satin blanc, puis elle se mira dans le psyché pour vérifier le travail : elle se trouva plus belle qu’à l’ordinaire, contente de l’image qu’elle avait devant elle, elle chaussa la paire de hauts talons assortis et se regarda à nouveau... : "miroir..., dis-moi.... !".

La fleur à peine éclose
Papillons, frelons se disputent les faveurs...

Dans le Snack-bar-Kim-Cuong la musique a commencé à retentir et les notes se mêlent aux rires des hôtesses, et les plaisanteries des garçons de table... Mai Ly descend les rejoindre... elle se soulève avec précaution le rideau qui masque l’entrée. En la voyant, l’une des hôtesse s’écria:
- Oh... ! C’est bien toi, Mai Ly ? Je croyais que c’est une nouvelle qui vient d’arriver. C’est parfait, tu es très belle ! Oh là là, nous allons avoir une rude concurrence, il ne nous reste plus qu’à pointer au chômage !
Ces réflexions mi-amicales mi-agressives, faisaient comprendre à Mai Ly que la vie est un arène de combats impitoyables. Mai Ly se contentait de sourire sans répondre. L’attente n’avait pas été longue, un coup de klaxon impératif retentissait à l’entrée de la villa. La voix stridente de Kim-Cuong parvenait du haut de l’étage :
- Mai Ly ! Mai Ly ! Ce sont les visiteurs que j’attends, vas les accueillir et fais les monter à l’étage !
Les deux limousines de marque prestigieuse Mercedès sont conduites par des chauffeurs en livrée, dans la première, il y avait deux couples... Dans la deuxième, il n’y avait qu‘un seul occupant. Ils étaient tous élégamment et richement vêtus, les femmes portaient de magnifiques bijoux, les pierres brillaient toutes plus grosses les unes que les autres. Su qui s’occupait des entrées, alla les accueillir et les mena vers Mai Ly :‘’Il semble avoir reçu ses instructions depuis longtemps et sait exactement ce qu ‘il doit faire !’’.
S¿ leur présenta :
- Voici Mai Ly ! Elle va vous accompagner.
- Bonjour Madame, Madame, bonjour Monsieur, Monsieur, Monsieur veuillez me suivre, je vous prie .
Les invités de marque la suivirent en devisant gaîment. A l’étage, il y avait les appartements de madame Kim-Cuong, qui étaient composés d’une grande de réception et de la chambre de celle-ci qui se trouvait derrière le salon. La table était déjà mise, les couverts préparés attendant les convives. Mai Ly les invita à s’asseoir, mais ils restèrent tous debout continuant à deviser. Madame Kim Cuong sortit lentement de sa chambre, souriante :
- Bonjour, mes chers amis, vous n’avez pas eu trop d’embouteillage sur le chemin ? Prenez place, je vous en prie...
Madame Kim Cuong présenta Mai Ly à ses convives :
- Je voudrais vous présenter ma pupille Mai Ly, elle vient d’arriver de Dalat, elle était en villégiature.
L’une des invitées s’exclama :
- Comme elle est mignonne, la fraîcheur de la jeunesse !
Tout le monde était d’accord sur ce point. Tout le monde se mit à table. Madame Kim Cuong plaça Mai Ly près d’un homme bedonnant et grisonnant, elle commença à présenter l’un après l’autre les convives :
- Mai Ly ! Voici monsieur Thành An, Monsieur et Madame Quãng Bình et Monsieur Madame Tân Hung. Ces messieurs dames appartiennent au milieu de l’import-export et ils tous des amis et mes hôtes de marque.
Mai Ly salua chacun d’entre eux. Ils ont tous l’âge d’être son père ou sa mère. Mai Ly était donc assise à côté de monsieur Thành An, madame Kim Cuong était assise à la droite. Le repas bien que simple dans son ensemble était composé de plats très recherchés. Les convives devisaient entre eux, seule Mai Ly restait silencieuse, sans avoir rien à dire, elle se sentait oppressée et n’avait qu‘une hâte que le repas chère pour qu’elle puisse s’échapper.
Il se fait tard, monsieur et madame Quãng Bình et monsieur et madame Tân HÜng prirent congé. Il ne restait plus que monsieur Thành An, madame Kim Cuong et Mai Ly. Madame Kim Cuong demanda à monsieur Thành An :
- Comment vont les affaires en ce moment ? On dit que vous venez juste d’arriver de Hong-Kong ?
- C’est exact. Je suis rentré la semaine dernière. Je vous remercie beaucoup pour le repas de fête que vous nous avez préparé et je suis aussi enchanté de faire la connaissance de votre nièce Mai Ly.
Se retournant vers Mai Ly, il lui demanda :
- Je m’excuse d’être indiscret, mademoiselle. Mais quel âge avez-vous cette année ?
Mai Ly ne savait pas trop comment répondre... madame Kim Cuong vint à son secours :
- Mai Ly vient d’avoir ses seize ans, il n’y a pas longtemps !
Monsieur Thành An était étonné :
- Seulement seize ans ? De prime abord, je la croyais plus âgée !
Mai Ly restait pétrifiée, le souffle coupé. Pendant ce temps, monsieur Thành An la fixait la reluquant sans se lasser, il claquait continuement la langue comme un fauve attiré par une si belle proie, prêt à foncer sur sa victime... avec une gourmandise indescriptible... Avec ses yeux globuleux, il fixait intensément la jeune fille et continua à poser des questions de plus en plus pressantes :
- Ceci dit, mademoiselle Mai Ly, êtes-vous mariée ?
Prise au dépourvu, Mai Ly intimidée et gênée regarda par terre tout en répondant tout bas :
- Pas encore, monsieur ! Je suis encore trop jeune !
(...)
La musique dans la salle du bar en bas de l’escalier s’était maintenant tue complètement. Madame Kim Cuong et monsieur Thành An Ont engagé la conversation depuis pas mal de temps déjà ; à la fin, monsieur Thành An se leva demanda la permission de s’en aller. Son chauffeur l’attendait dans la cour. Madame Kim Cuong d’un clin d’œil plein de sous-entendu fit signe à Mai Ly, elle lui signifait en fait qu’elle devait raccompagner monsieur Thành An. Avant de monter en voiture, l’imporateur fit signe à Mai Ly lui demander de s’approcher, il sortit de la poche de son veston une enveloppe et la lui tendit. Mai Ly était interloquée, ne sachant pas ce qu‘il convenait de faire. Par réflexe, elle prit l’enveloppe sans savoir. Après cela, monsieur Thành An dit au chauffeur de démarrer la voiture. Mai Ly tenait l’enveloppe à la main, sans savoir ce qu‘il y avait dedans... Madame Kim Cuong l’interrogea :
- Qu’est-ce que monsieur Thành An vient de te remettre ?
- La voici, madame. Je ne sais pas, je ne sais pa ce que c’est... Je ne comprends pas ! ...
- Ouvre, fais voir et puis non, montons là-haut. Je ne sais pas si ce soir, elles ont eu beaucoup de clients ou non ? La petite Marie-Thu est certainement allée se coucher. Tant pis, on verra cela demain.
Madame Kim Cuong et Mai Ly remontèrent à l’étage, la tenancière commença à soupeser discrètement l’enveloppe :
- Allons dans ma chambre pour regarder ce qu’il y a dedans !
Madame Kim Cuong ouvrit l’enveloppe, elle en sortit une carte de visite sur laquelle étaient inscrites quelques mots :‘’Pour mademoiselle Mai Ly un petit souvenir !’’. La tenancière s’empressa de compter les billets qu’elle venait de retirer de l’enveloppe :
- Il est vraiment très généreux, monsieur Thành An ! Il t’a donné dix mille piastres !
Mai Ly était saisie... elle se demandait : "Que se passe-t-il...c’est incompréhensible... ? Je ne connais pas ce monsieur, il n’a rien à faire avec moi... ce n’est pas un ami et ce n’est pas non plus quelqu’un de la famille... Comment se fait-il qu’il me donne autant d’argent ?. Elle se retourna vers madame Kim Cuong, celle-ci pourrait peut-être lui donner quelques éclaircissements :
- Madame ! Je ne peux accepter !
- Que tu acceptes ou non, ce n’est grave et puis d’ailleurs, il est déjà reparti, il a de ma sympathie pour toi, c’est pour cela, mais il ne faut pas oublier non plus que tu dois partager avec moi.
Mai Ly était toute étonnée :
- Partager avec vous, mais pourquoi ?
- Eh bien, c’est bien grâce à moi que tu as eu ce cadeau.
- Si c’est comme cela, vous n’avez qu’à garder tout cela !
- Non ce n’est pas possible, c’est aussi grâce à toi aussi !
- Je ne peux pas ! Je ne veux pas devoir quoique ce soit à ce monsieur. Et puis... et puis, comment vais-je pouvoir rembourser tout cela ?
- On verra plus tard pour le remboursement. Tiens, prends quatre mille piastres, le reste je le garde.
Mai Ly est complètement perdue... elle ne comprenait plus rien... Évidement, la somme dépasse son entendement, c’est plus d’une demi-année de salaire. Elle avait très peur, mais était obligée de s’incliner devant un événement aussi inattendu. Mai Ly se songea à sa mère, elle se disait : "Avec cette somme d’argent, je vais pouvoir demander quelques jours de congé et aller voir ma mère, je lui en donnerai un peu, ça va la soulager un peu ; je suppose qu’elle est toujours en train de faire des crêpes pour vendre. Et puis, j’irai aussi rendre visite aux Tấn... ?. à cette pensée, l’image de Hoàng revint avec insistance dans la mémoire de Mai Ly, la blessure ancienne se rouvrit à nouveau... le coeur serré, elle se sentie envahaie par un flot de sentiments l’assaillant de toutes parts.
Le jour d’après, Mai Ly demanda à madame Kim Cuong la permission de s’absenter pendant deux jours pour aller voir sa mère, celle-ci lui accorda le congé, mais lui donna l’orde de laisser là et ne pas emporter les deux tuniques qu’elle lui avait achetées. A ces parôles, Mai Ly était plutôt désabusée, elle avait compris...:‘’Elle a peur que je laissa place et que je ne revienne plus mais pourquoi ? Je n’en avais pas du tout l’intention !’’. Néanmoins, Mai Ly fit ce qu’on lui avait demandé de faire. Elle prit un sac de nylon, y mit son pyjama et se rendit à la rue Cao-Thắng pour prendre le bus qui va jusqu’au marché de Xóm-Củi. Puis comme d’habitude, elle fit le reste du chemin à pied jusqu’au quartier de Xóm-Đầm. Elle arriva chez sa mère à 10 heures environ, celle-ci était en train de s’affairer devant le fourneau de bois pour préparer le repas, le charbon rougeaoyait dans l’atre. Toute heureus, elle l’appella :
- Maman, c’est moi ! Bonjour, maman, est-ce que tu vas bien ?
- Oh, c’est toi ! Depuis quelques mois, tu es fâchée contre moi, où as-tu été, chez qui as-tu été ; et qu’as-tu fait depuis ?
- Eh bien, eh bien... je suis allé travaillé à Sàigòn !
- Chez qui, quel est ton travail ? Et à Sàigòn, dans quel quartier ?
- Je travaille pour les américains... !
Madame Hùng était étonnée :
- Pour les américains ! Comment as-tu fait... qui t’a présenté ?
- Je me suis débrouillée seule !
- Seule ! Tu n’as pas eu peur ? Mais, tu as pu garder la place ?
- Mais oui, ne t’inquiètes pas. Je suis rentrée quelques jours pour te voir. Et puis, tiens, j’ai fait quelques économies que voilà... tu peux les prendre !
Mai Ly alla s’asseoir à côté de sa mère, elle continua :
- Maman, cet argent est pour toi, tu peux les dépenser petit à petit ou bien tu peux essayer de changer de métier, parce que faire des crêpes comme tu le fais, cela peut nuire à ta santé, tu devrais faire attention !
Mai Ly mit dans la main de sa mère trois mille cinq cents piastres sur les quatre mille qu’elle avait reçus...
Madame Hùng prit les billets et les compta, elle regarda sa fille et lui demanda :
- C’est beaucoup d’argent, ils doivent très bien payer les américains. Dis-moi, tu reçois combien par mois ?
Mai Ly hésita, puis répondit :
- ...Eh bien... en fait, je gagne deux mille piastres par mois. A quoi ça sert de m’interroger, tu n’as pas à le savoir.
- Écoute-moi bien..., fais bien attention, ne te laisses pas influencer par des gens malfaisants... il faut te méfier d’eux, ne les écoutes surtout pas !
- Mais non, je sais, je ne fais rien de mal !
- Alors tu reste pendant combien, quand est-ce que tu repars ?
- Ce soir.
- Tu peux alors dîner avec moi ! Je vais faire les plats que tu aimes.
Elles dînèrent joyeusement toutes les deux, heureuses de se retrouver et personne ne fit une quelqu’un remarque sur ce qui s’était passé. Mai Ly demanda des nouvelles des uns et des autres, frères et sœurs, cousins, cousines, parents proches ou éloignés des deux côtes paternel et maternel ; tous se portaient bien. Elle avait même eu le temps de passer voir près de là ses deux tantes, les demi-sœurs de sa mère, l’une avait une épicerie et l’autre une boutique de couture.
A la fin de l’après-midi, Mai Ly dit au revoir à sa mère qui l’embrassa tendrement en lui demandant :
- Taches de revenir me voir plus souvent ?
- C’est promis, dès que je peux, je repasserai te voir. Je vais tâcher de gagner un peu plus d’argent, cela pourra te soulager et tu n’auras plus à travailler ! Au revoir, maman !
Bien que le soleil soit déjà très bas à l’horizon, restait encore la chaleur étouffante de la journée, sans un souffle de vent. Mai Ly refit le chemin à pied jusqu’à Xóm-Củi, elle se dirigea droit vers le quai Bình-Đông, puis bifurqua vers chez Tấn-Phát. Son bit était évident, Mai Ly cherchait Hoàng. Ellle vit madame Tấn en entraînt, celle-ci lui demanda de ses nouvelles :
- Oh, Mai Ly ! Comment vas-tu ? Raconte, où habites-tus maintenant, es-tu retournée chez ta mère ?
- Non, en ce moment je travaille et j’habite dans le quartier Hồng-Thập-Tự - Cao-Thắng.
- Ah bon ! Est-ce que ça va ? Est-ce que ça te plait ?
- ça peut aller . Votre famille, votre mari et les enfants, ils vont bien tous ?
- Je te remercie, ils sont tous en bonne santé. Việt et Mỹ sont toujours scolarisé à Thị-Nghè. Il n’y a que la petite Nga qui est ici.
- Chez votre mère à Thị-Nghè tout le monde va bien ?
- Oui, pas de problème. Ma mère nous parle toujours de tois, elle t’aime beaucoup.
- Si vous la voyez, transmettez-lui, s’il vous plait, tous mes respects et mon affection.
En disant cela, Mai Ly était émue, elle pensait à madame Nhung qui l’aimait comme sa propre fille, elle avait les larmes aux yeux. Elle continua :
- Et Chị Út, chị Vú... et puis votre secrétaire Hoàng travaille-t-il encore pour vous ?
- Oui, rien n’a changé. Est-ce que tu peux rester diner avec nous , ce soir ?
- Oui, ça me fera plaisir. Je vais aller dire bonjour à chị Vú et chị Út. Mais, je ne vois pas notre ami Hoàng ?
- Ils sont sortis mon mari et lui pour régler quelques affaires. Je pense qu’ils ne vont pas tarder à revenir
Mai Ly se rendit à la salle de cuisine. ChÎ Vú et chÎ Út étaient en train préparer le repas du soir. En voyant Mai Ly chị Út l’accueilla chaleureusement :
- Ah, Mai Ly ! Cela fait longtemps que nous n’avons pas eu le plaisir de se voir. Eh bien, tu es bien belle aujourd’hui, y-a-t-il du nouveau ?
Chị Vú renchérit :
- Alors, qui est l’heureux élu ? Tu es une belle fille maintenant. Choisis un beau parti et puis maries-toi, un foyer stable, c’est ce qu’il te faut.
- Arrêtes de me charrier... je ne suis pas pressée Vú ! Je suis encore trop jeune pour me marier, personne ne voudra de moi !
Comme auparavant, elles se mirent à faire la cuisine, tout en bavardant gaiement. Mai Ly dîna avec la famille. A table, tout le monde était là, Hoàng qui était rentré, était aussi présent. Mai Ly gardait un calme olympien, elle ne posa que quelques questions banales.
Le repas, Mai Ly aida à desservir et fit la vaisselle. Pendant ce temps, Hoàng attendait patiemment Mai Ly. Il sacrifia sans broncher un rendez-vous, il ne voulait pas rater l’occasion... Mai Ly quant à elle essayait de calmer la tempête qui se levait, elle attendait que Hoàng crée l’occasion... Mai Ly venait de se lever, Hoàng l’arrêta rapidement :
- Mai Ly ! Est-ce que tu as un peu de temps ce soir ? Je voudrais t’inviter, nous irions au cinéma, puis on ira mager une glace !
Mai Ly était heureuse, elle regarda Hoàng, les yeux remplis d’espoir :
- Pour la glace, c’est d’accord. Mais je crains qu’il ne se fasse tard pour le cinéma.
Hoàng savait fort bien que Mai Ly était là uniquement pour lui... il fit semblant de lui demander :
- Tu as déjà un rancard ?
- Mais non !
- Alors pourquoi tu dis que c’est trop tard ? Si on se retarde un peu, ce n’est pas un problème.
- J’ai dit tard parce que je dois rentrer à la maison. Si je ne rentre pas à temps, ma patronne sera couchée et ne me laissera pas entrer.
- Tu sais bien que si c’est rtrop tard, je trouverai bien un endroit pour te loger.
- Tu es sur ? Tu me promets, je dois rentrer avant minuit.
- Je promets de ramener Cendrillon avant les douze coups de minuit !
- Tu me le jures, si ma patronne me renvoie, je vais mourir de faim... tu auras ma mort sur la conscience !
- Je te le promets, je te garantis que nous serons à l’heure.
Mai Ly alla prendre congé rapidement de tous les autres membres de la famille Tấn, ainsi que chị Vú et chị Út. Hoàng prit Mai Ly derrière lui sur le Solex et ils allèrent vers un cinéma de quartier, le Khải-Hoàn. Ils s’arrêtèrent d’abord dans un petit café près de là pour prendre la glace promise. Mai Ly assise à côté de Hoàng ne pipait mot, elle était comme hypnotisée par son charmeur de Hoàng. Celui-ci lui tenanit la main, il aurait bien voulu la conduire dans un hôtel près de là. Mais il se souvint que Mai Ly était encore mineure et il n’osa pas mettre à exécution. Le temps passe... Mai Ly reprit soudain ses esprits, en regardant l’horloge murale :
- Nous allons être en retard, Hoàng ! Je dois rentrer, il est déjà plus de onze heure et demie.
- On va y aller, si tu veux. Mais les rues Hồng Thập Tự - Cao Thắng sont près d’ici, il n’y a pas à s’en faire.
Mai Ly réfléchit quelques secondes puis proposa :
- Je peux rentrer seule, je prendrai un cyclo-pousse.
- Mais pourquoi changes-tu d’avis comme cela ?
- C’est parce que je ne veux pas te déranger, t’obliger à rentrer.
- Tu ne me déranges pas ! Je t’avais promis de te ramener... Eh bien, je te ramènerai avant minuit, chose promise, chose due !
Mai Ly perplexe ne dit plus rien et se laissa ramener par Hoàng. En arrivant au Snack-Bar Kim Cuong, Hoàng ne repartit pas tout de suite, il attendait que Mai Ly soit rentrée dans la cour. Mai Ly demanda à Hoàng :
- Pourquoi, tu ne t’en vas pas, il est déjà tard, qu’est-ce qui t’arrive, que regardes-tu comme cela ?
- Rien, rien... Mai Ly ! Tu travailles ici, dans cette maison ?
- Oui, je garde le jeune fils de la patronne.
- Je ne te crois pas !
- Mais, pourquoi... tu ne me crois pas ?
- Bon, je m’en vais. Bonne nuit, dans quelques jours, je reviendrai te chercher pour aller au cinéma.
- D’accord, n’oublies pas, j’habite ici maintenant.
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"Giữa sỏi đá vút vươn niềm hy vọng
Trong tro tàn dào dạt nhựa hồi sinh
Hận nội thù trên máu ruột Tiên Rồng
Căm giặc cộng BÁN non sông Hồng Lạc"
(YTKCPQ)


"Cộng sản còn thống trị quê hương - Ta còn phải đấu tranh"
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